Que l’UDPS marche aujourd’hui : c’est son droit. Mais, en démocratie, ce droit ne peut devenir le privilège exclusif du parti au pouvoir.
Une semaine après la répression d’une marche pacifique de l’opposition, voilà que la manifestation du pouvoir, elle, bénéficie d’un itinéraire concerté et d’un encadrement sécuritaire. Ce "deux poids, deux mesures" révèle une conception inquiétante des libertés publiques : garanties aux gouvernants, mais refusées à leurs adversaires.
Le peuple congolais connaît ces mises en scène où les slogans triomphants et la mobilisation organisée tentent de masquer l’essoufflement du régime. Lorsque la rue est interdite à l’opposition, mais aménagée pour le parti au pouvoir, la démocratie n’est plus qu’un discours creux.
L’histoire ne se répète pas toujours, mais elle bégaye. Tandis que la musique officielle retentit, l’horloge républicaine, elle, poursuit inexorablement sa marche.
À mains nues, par la mobilisation pacifique et par les urnes, le peuple congolais fera respecter la Constitution et imposera l’alternance démocratique. Le calendrier, lui, ne fait pas de sentiment : dans 851 jours, le mandat prendra fin. Cap sur 2028. En attendant, pas changement de constitution, pas de troisieme mandat, pas de glissement au-dela de 2028!