#RDC🇨🇩 | Élections 2028 | La CENI à la caisse pendant que le pouvoir rêve de changer les règles
Dans la théâtralité politique congolaise, les actes institutionnels se jouent souvent à double fond.
La scène immortalisée ce jeudi entre le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Denis
@dkadimaofficiel , et le ministre du Budget,
@MuzitoAdolphe , en offre un exemple frappant.
D’un côté, le patron de la Centrale électorale qui s’affiche en bon élève de la démocratie représentative, plaidoyer budgétaire en main, réclamant les moyens de planifier l’enrôlement des électeurs pour les scrutins de 2028.
De l'autre, le pouvoir en place qui active en coulisses le chantier de la révision, voire du changement de la Constitution.
Une apparente contradiction qui soulève une interrogation fondamentale :
Comment peut-on sérieusement budgétiser des échéances inscrites dans un texte fondamental que le régime cherche lui-même à reconfigurer ?
Pour décrypter ce grand écart, dépassons la rhétorique du civisme institutionnel. La démarche de la CENI est d'abord un exercice de légitimation diplomatique et financière.
Il est vrai que face à une communauté internationale attentive et à des bailleurs de fonds échaudés par les contestations de décembre 2023, le pouvoir Félix Tshisekedi cherche à maintenir l'illusion d'une continuité démocratique linéaire. Njoo kweli ile.
Présenter un budget électoral au Parlement pour offrir aux partenaires extérieurs le gage de bonne conduite dont ils ont besoin pour ne pas fermer les robinets de l'aide internationale, alors que ni kadiosha mutupu.
L’explication étant la plus cynique et sans doute la plus réaliste réside dans la nature même des opérations sollicitées par Denis Kadima. L'enrôlement des électeurs et la refonte du fichier électoral ne sont pas de simples étapes vers 2028.
Basi dangagne, ce sont des outils techniques polyvalents, et pour organiser un éventuel référendum constitutionnel, cela est un préalable indispensable à l'instauration d'une nouvelle République ou au déverrouillage du nombre de mandats.
Et donc le pouvoir aura rigoureusement besoin de la même logistique et du même fichier d'électeurs. Bitu biko wazi, même si, siko convaincu que Mkubwa Fatshi hata bitoka amo.
Certainement, sous couvert de préparer les élections générales de 2028, c’est peut-être la facture de la transition constitutionnelle que la CENI commence à présenter au Trésor public.
Enfin, cet empressement budgétaire soudain pour une feuille de route bloquée depuis plus d'un an offre un alibi politique imparable.
En se tournant publiquement vers le ministère du Budget, la Centrale électorale se défausse de sa propre inertie.
Si le calendrier glisse, la CENI pourra arguer qu'elle avait anticipé, rejetant la faute sur les contraintes financières de l'État ou sur l'urgence des réformes institutionnelles en cours. Tuna juwana.
Denis Kadima et le gouvernement jouent ainsi une partition à deux vitesses.
À destination de la galerie et des chancelleries diplomatiques, la CENI feint de régler l'horloge sur 2028.
Mais dans les cabinets politiques, c'est un tout autre calendrier que l'on dessine : celui qui consiste à instrumentaliser le processus électoral pour financer, à grands frais républicains, la pérennisation du système en place. Tuko apa. Hatuko ba duru.
Kinywa Cha M'zee
Mina choka