Bref il est pro poutine
Je ne suis pas pro-Poutine
Mais je refuse le conte pour enfants dans lequel cette guerre opposerait simplement un fou sanguinaire à un camp du Bien qui n’aurait jamais rien fait de travers
La Russie porte la responsabilité d’avoir envahi l’Ukraine
C’est un fait
Mais c’est aussi un fait que l’OTAN a progressivement avancé vers l’Est et qu’en 2008 elle annonçait officiellement que l’Ukraine et la Géorgie deviendraient membres
On peut considérer que cela ne justifie absolument pas une invasion, tout en comprenant qu’une grande puissance puisse considérer l’installation progressive d’une alliance militaire rivale à ses frontières comme une menace
Les deux idées peuvent exister en même temps
Même chose avec la propagande
Oui, la Russie fait de l’ingérence, de la désinformation et des opérations d’influence
Et nous aussi
La guerre moderne ne se joue plus uniquement avec des chars
Elle se joue avec les médias, les réseaux sociaux, le renseignement, les sanctions, la cyber, les opérations d’influence et les récits que chaque camp impose à sa population
Faire croire que seuls les Russes jouent à ce jeu est ridicule
Même chose avec les États-Unis
Les États-Unis défendent leurs intérêts
Comme la Russie défend les siens
Comme la Chine défend les siens
Ils ne dépensent pas des centaines de milliards par pure philanthropie
Et pendant que Washington reste à des milliers de kilomètres du front, c’est l’Europe qui vit avec la guerre à sa frontière, la rupture énergétique avec la Russie et le risque permanent d’escalade
Alors quand on arme l’Ukraine, qu’on finance son effort de guerre et qu’elle frappe profondément sur le territoire russe, il ne faut pas ensuite tomber de sa chaise en découvrant que Moscou nous considère comme partie prenante au conflit
Si demain la Russie finançait massivement un pays en guerre contre la France, lui fournissait ses armes et son renseignement pendant que des drones frappaient notre territoire, personne ici ne trouverait ça anodin
Le problème aujourd’hui, c’est qu’on semble avoir oublié l’objectif initial
Arrêter la guerre
Pas la faire durer indéfiniment jusqu’à ce qu’un camp accepte enfin de disparaître
À un moment, Russes, Ukrainiens, Européens et Américains devront s’asseoir autour d’une table
Et l’Europe devra surtout retrouver une politique étrangère qui défende ses propres intérêts au lieu de simplement suivre ceux de Washington
Notre sécurité
Notre énergie
Notre souveraineté
Et surtout la paix sur notre continent