🇫🇷 Dans les faits, le seul djihadiste français à avoir explicitement appelé à voter lors d’élections françaises est Omar Omsen, recruteur de djihadistes en Syrie, en faveur de Marine Le Pen en 2017.
Dans un entretien à Complément d’enquête, il déclarait :
« Si les Français ne veulent pas la guerre, ils votent Marine Le Pen. Elle est une femme, qui est on peut dire raciste, mais au moins elle défend les vraies valeurs de la France. Cette femme a demandé aux troupes françaises de revenir parce que cette guerre-là ne les concernait pas. Eh bien, elle a tout à fait raison. »
Il justifiait ce vote par le fait que le Front national était, à ses yeux, le parti le moins interventionniste militairement (notamment sur le Mali, et par extension sur la Syrie), et donc celui qui laisserait le plus tranquille les pays musulmans. (Sa position est sûrement plus la même depuis le revirement du RN sur la question palestinienne).
Il y avait aussi Mohamed Hichem Medjoub (auteur de l’attentat à la bombe de Lyon en mai 2019) qui selon les enquêteurs, avait choisi de poser son colis piégé juste avant les élections européennes afin de faire monter le vote du RN. Il estimait que le RN était le parti le plus susceptible de créer les conditions d’une guerre civile et d’une polarisation de la société, favorables à ses idées.
Sinon, dans l’immense majorité des cas, les djihadistes français sont apolitiques au sens démocratique et rejettent le système en bloc. Leur référence centrale est la hakimiyya : le pouvoir n’appartient qu’à Dieu, et tout système politique humain (démocratie, partis, vote) est rejeté comme de l’association à Dieu. Voter pour un parti laïc, en plus d’être considéré comme indigne (attendre la protection d’un non-musulman), peut même être considéré comme de l’apostasie.
Et sur le plan moral, la droite française, même la plus identitaire, reste bien plus proche de la gauche française, même la plus à gauche, que des djihadistes.