Mr. Patrick Muyaya : imaginez si Jean Kambanda écrivait aujourd’hui sur X pour défendre les droits et l’identité des Tutsi au Rwanda en 1994.
Mr. Muyaya, vos propos en défense de l’identité des Banyamulenge sont paradoxaux. On dirait un acteur politique du gouvernement qui a commis le génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994 qui exprimerait sa sympathie envers les victimes dont il était lui-même le persécuteur.
La contestation de l’identité ethnique et de la citoyenneté
Ceci est un sujet central dans l’histoire politique et sociale de cette communauté au Zaire/RDC. Il s’est notamment manifesté à travers des contestations de leur citoyenneté, des discriminations politiques et administratives, ainsi que des violences et déplacements forcés dans différents contextes de crise. Mr Muyaya, lisez vous l'histoire du Congo?
En 1982, une exclusion politique et des persécutions plus intenses ont eu lieu. En 1993 et 1994, les Banyamulenge ont subi des violences politiques extrêmes et des meurtres. Mr Muyaya, lisez le Mapping Report.
Après la chute du gouvernement génocidaire hutu au Rwanda en 1994, plus d’un million de réfugiés hutu rwandais ont fui vers le Zaïre. Les extrémistes parmi eux ont alors commencé à s’attaquer aux Tutsi congolais avec le soutien du gouvernement zaïrois, qui cherchait à marginaliser les Tutsi congolais, les considérant comme des étrangers liés au Rwanda, pays voisin.
La population locale et le gouvernement zaïrois ont également commencé à cibler violemment les Banyamulenge, les accusant de soutenir le nouveau gouvernement rwandais dirigé par le FPR.
Déportations de Banyamulenge par l'Etat congolais
En 1996, la communauté banyamulenge a subi des déportations massives dans les régions du Sud-Est et du Shaba (Katanga).
Ces déportations auraient été initiées par le vice-président du Parlement Anzuluni Bembe, le député Ramazani Mwene Malungu, les gouverneurs du Sud-Kivu Kyembo wa Lumona et Lwabanji Lwasi Iwango, ainsi que Shweka Mutabazi et le commandant de l’armée Eluki Monga Aundu. Elles visé à mettre en œuvre la fameuse commission « Vangu Mambweni », qui niait les droits des Tutsi congolais.
En 1998, Laurent Kabila a imposé une idéologie extrémiste, par l’intermédiaire de son directeur de cabinet, Abdoulaye Yerodia Ndombasi, sous la forme d’une campagne médiatique incitant au génocide de Tutsi congolais. Cette campagne a engendré des tueries à Kalemie et à Bukavu, ainsi que des massacres de Banyamulenge à Kinshasa, à Kalemie et à Lubumbashi, et l’assassinat de 400 étudiants du centre d’entraînement militaire de Kamina.
Gatumba, 2004 : le rôle des acteurs étatiques congolais.
Planification: le 10 août 2004, une première réunion de coordination eut lieu, au cours de laquelle le général Mbuza Mabe aurait confié les opérations de Gatumba au lieutenant-colonel Mutupeke, responsable gouvernemental, à la brigade Kayamba de Lemera (Maï-Maï), au lieutenant-colonel Nyakabaka Baudoui (Maï-Maï) et, enfin, au soldat de première classe Vugizo.
Lors d’une seconde réunion, le 12 août 2004, au domicile du lieutenant-colonel Mutupeke, destinée à finaliser le projet, trois itinéraires principaux auraient été définis pour les auteurs de l’attentat de Gatumba.
Premier itinéraire : Kavinvira – Nyangara – Kahololo, commandé par Ekofo, le capitaine Kayamba et le commandant Majaliwa.
Deuxième itinéraire : Ruzizi – Kiliba – Kiliba ONDS – Kahololo, commandé par Fujo Zabuloni.
Troisième itinéraire : FNL de Vugizo, depuis Agato Rwasa – Troisième Avenue – Kahololo, commandé par Félicien Kanyambi et Faustin Nguba.
La persecution de Banyamulenge sous Tshisekedi
La haine a été normalisée, et le président a accueilli et encouragé des discours et des acteurs accusés d’avoir participé à des violences contre les Tutsi. Le système de la haine s’est ainsi enraciné et institutionnalisé.
Mr. Muyaya, votre gouvernement a sanctifié les Wazalendo, des milices armées dont les revendications sont marquées par la haine envers les Tutsi congolais et par des appels à leur extermination.
Mr Muyaya, sous votre gouvernement il y a eu des lynchages et des actes de cannibalisme. Plus de 85 % des villages banyamulenge ont été détruits. Minembwe a été la cible de bombardements aveugles menés par des drones pendant une année et demi. Tshisekedi a établi un partenariat avec les FDLR et le président du Burundi afin d’imposer un blocus humanitaire aux Banyamulenge. Plus de 600 églises ont été détruites et plus de 700 000 têtes de bétail auraient été pillées.
Un message à Mr Muyaya
Il est important de ne pas se moquer des victimes. Comment pouvez-vous vous présenter comme le protecteur des Banyamulenge sur X alors que vous les bombardez par des drones ? Pourquoi ne vous servez-vous pas des chefs coutumiers banyamulenge présents dans les Hauts Plateaux pour démontrer que vous êtes un gouvernement protecteur ? Pourquoi faire de tels raccourcis ?
#RDC : Non, les
#Banyamulenge ne sont pas les « Rwandais du Congo ».
Ils sont Congolais, au même titre que toutes les autres communautés de notre pays.
L’idéologue du mal s’est dévoilé. Ce cerveau du FPR et président du prétendu Conseil consultatif des sages du
#Rwanda, le père, a souillé, sans la moindre gêne et par des propos indignes, une journée de compassion consacrée à la mémoire de nos compatriotes Banyamulenge massacrés à
#Gatumba.
En appelant les jeunes de cette communauté congolaise à prendre les armes contre leur propre pays, il révèle le rôle du
#Rwanda dans le chaos qui ravage les Hauts Plateaux et d’autres territoires congolais sous occupation.
Ses propos mettent également en lumière les liens entre le
#M23 et d’autres groupes armés fils du
#Rwanda notamment Twirwaneho et Red-Tabara à qui il donne des armes.
Cette attitude illustre l’instrumentalisation à outrance de la question des
#Banyamulenge.
Nos compatriotes n’ont jamais donné le moindre mandat à ceux qui prétendent les protéger, tout en tuant et en commettant des crimes odieux contre d’autres communautés.
Les jeunes
#Banyamulenge comme tous les autres jeunes Congolais, sont mobilisés derrière le président de la République et nos institutions pour libérer nos territoires du joug de la famille tristement criminelle que la coalition RDF–M23–Twirwaneho–Red-Tabara.
Ces déclarations, aussi graves qu’inacceptables, engagent également la responsabilité du gouvernement rwandais.
Votre poison identitaire et votre instrumentalisation ne passeront plus.
#BendeleEkweyaTe 🇨🇩🇨🇩🇨🇩 !!!!