Charles Sapin aura tenu deux dimanches à France Inter. Deux. Céline Pigalle avait ouvert une fenêtre, timide, pour répondre aux critiques sur l'audiovisuel public. La gauche sectaire a choisi de la refermer immédiatement, s’adonnant à une chasse aux sorcières honteuse. Ce faisant, elle a fragilisé l’ensemble de l’audiovisuel public.
L’épée de Damoclès de la privatisation planera au-dessus de toute la campagne et peut-être même après. Les conséquences politiques de ce pathétique épisode se font déjà sentir. Le Pen, Bardella, Retailleau, Ciotti : la droite s'est exprimée d'une seule voix. À sept mois de la présidentielle, chaque défenseur de l'audiovisuel public devra désormais expliquer pourquoi un billet dominical d'un journaliste conservateur était insupportable sur une antenne financée par tous.
La droite n'a pas encore gagné, et privatiser reste techniquement complexe, juridiquement et politiquement risqué. Mais peu importe : la privatisation est désormais plus qu’un slogan et le service public est en train de s’autodétruire.
Au-delà de l’affaire Sapin et de la bataille politique qui va s’engager, le vrai sujet, c'est le divorce entre une partie du paysage médiatique et un pays qui ne se reconnaît plus dans ses antennes. Chaque éviction de ce genre creuse la fracture. Et ceux qui la creusent s'étonneront ensuite de la colère qu'ils récoltent dans les urnes.
La direction de France Inter vient de m’annoncer la suppression de mon édito hebdomadaire sur ses antennes.
Je me suis astreint jusque-là au silence.
Mais cette décision appelle désormais quelques mots...