Statler et Waldorf.
Les deux vieux du balcon du Muppet Show, ceux qui passent la soirée à huer un spectacle qu’ils ne jouent plus.
On ne sait si c’est par incompétence ou péremption.
Dupond-Moretti et Bachelot, c’est exactement ça.
Le casting est presque trop propre.
Dupond-Moretti, c’est Waldorf : le bougon à moustache, celui qui se penche, index en avant, et qui promet de "mettre le compte" à
@PascalPraud s’il le croise dans une rue de Paris.
Garantie de victoire incluse.
L’ancien garde des Sceaux, l’homme du prétoire et de la mesure, réduit à une menace de trottoir entre deux bandeaux "Les Grandes Gueules".
Waldorf, au moins, savait qu’il était une marionnette.
Bachelot, c’est Statler.
Ou plutôt un Statler en transition de genre : le second vieux du balcon, celui qu’on a habillé en tailleur fuchsia pour faire croire que la loge est woke.
Bras croisés, hochement de tête, sourire de celle qui a déjà vu la pièce et qui laisse l’autre enchaîner les vannes.
Même rôle, même balcon, même absence totale de numéro à proposer.
La transition s’est arrêtée au vestiaire.
En dessous, le spectacle qu’ils huent s’appelle 2027, et leur contribution est un livre, plus une tournée de plateaux pour expliquer que le Rassemblement national n’a pas changé.
Rien de cela n’est illégitime.
Ce qui l’est, c’est la place.
Statler et Waldorf n’ont jamais dirigé le théâtre.
Eux, si : la Justice pour l’un, la Santé puis la Culture pour l’autre, les stocks de vaccins H1N1 compris, la Cour de justice de la République et la relaxe compris.
Ils découvrent l’urgence au moment où les sondages leur échappent, et leur réponse est de se pencher sur la rambarde.
Le public, en bas, ne rit même plus avec eux. Il rit d’eux.
Deux vieux du balcon persuadés que le dernier mot leur appartient, alors que la salle a déjà changé de chaîne !