C’est étonnant de voir ce genre de réaction de la part de Villepin pour des propos hypothétiques.
A-t-il eu la même réaction pour les caricatures et propos biens réels de LFI ?
Je ne m’en souviens pas.
Les propos attribués à Jordan Bardella, s’ils sont avérés, sont d’une extrême gravité. Il lui appartient de répondre clairement de leur authenticité et de leur contenu.
S’ils sont confirmés, ces mots ne sauraient être mis sur le compte ni de la maladresse ni d’un simple égarement de jeunesse. Ils reprennent les plus anciens clichés de l’antisémitisme, ceux qui associent les Juifs à l’argent, aux banques et à un pouvoir occulte. Cet imaginaire de haine a préparé, dans notre histoire, la persécution et le crime. Rien ne permet de le banaliser.
Cette affaire ne doit donner lieu ni à un procès d’intention gratuit ni à une exploitation personnelle. Elle pose cependant une question politique majeure. La « dédiabolisation » ne peut pas être une opération de communication. Elle exige une rupture complète, explicite et démontrée avec l’antisémitisme, le racisme et l’héritage de l’extrême droite française. Un parti ne s’affranchit pas de son histoire en changeant de nom ou de visage.
La République ne transige pas avec l’antisémitisme. Elle le combat partout, quels qu’en soient les auteurs, sans calcul, sans distinction et sans complaisance.
Dominique de Villepin