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Lausanne
Il faut à nouveau normaliser le second degré sur X ... Laisser le premier degré et le degré zéro sur Linkedin.
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Christophe Alexandre retweeted
I’m responsible for about 50 of them. He’s tough!
JUST IN: Peter Thiel revealed to have a Chess.⁠com account with more than 43,000 games played, after recently admitting he plays “way too much chess on the internet.”
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Christophe Alexandre retweeted
L'abbaye de Hauterive, trĂšs bel endroit...
Ou suis-je ? (Si tu sais... tu sais...
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Christophe Alexandre retweeted
Indépendamment du choix (trÚs) discutable des séries, ça montre à quel point, hormis quelques exceptions (comme Severance ou Ozark), les séries TV depuis 10 ans sont devenues bien à chier
The New York Times ha finalizado su lista de las mejores series del siglo. Breaking Bad tomĂł el primer puesto.
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This is why falsifiability is central to scientific claims. It's a fallacy for x-riskers to claim that the burden of proof against an unfalsifiable claim lies on us. Having no evidence or proof for their arguments, this is what they've now pivoted to.
No. The burden of proof lies on the side of those who claim that LLMs can think. Scientific understanding of thought has, for centuries, been associated to nervous systems, bodies and societies. If you want to make the claim that algorithms think, you need to strongly support it.
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Not every arrangement of atoms is risky. Burden of proof still lies with AI doomers.
Replying to @productaizery
There are no “tigers” who could “eat you”, there are just atoms arranged in patterns following the laws of physics. All risks caused by tigers are the result of *atom* activity,
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Christophe Alexandre retweeted
There is no "super intelligence", there is not even "artificial intelligence". These are just marketing terms. In reality, all of AI ist just a bunch of programs, written by humans, and executed on a computer. Thus all risks caused by AI are the result of *human* activity.
We need to educate the public about the nature of AI, now. The public discourse is totally misguided and shaped by unrealistic fearmongering and other narratives that are out of touch with the technical reality. The obvious sign of this is the talk about "dangerous" models.
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Christophe Alexandre retweeted
Le drame de l’actualitĂ© sur l’intelligence artificielle c’est cette tendance Ă  humaniser la machine. Ça renforce considĂ©rablement l’inquiĂ©tude des gens. Et c’est normal. On peut donner la mĂȘme information sans Ă©voquer de petits rebelles mĂ©chants.
JUST IN: Anthropic researcher Joe Carlsmith says there are scenarios where AI would be “justified in going rogue” against humans if the systems were being mistreated or oppressed.
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Christophe Alexandre retweeted
We need to educate the public about the nature of AI, now. The public discourse is totally misguided and shaped by unrealistic fearmongering and other narratives that are out of touch with the technical reality. The obvious sign of this is the talk about "dangerous" models.
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Christophe Alexandre retweeted
Replying to @Privacyfirstt
Our project freenet.org/ is a general-purpose platform for building decentralized apps. We already have working group chat called River: freenet.org/river And we're also working on a social network called Raven: github.com/freenet/raven
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Christophe Alexandre retweeted
Claude made this rendition of the Homeric Hymn 28 to Athena. I requested 7-string phorminx, male voice, reconstructed pronunciation, respecting the hexametr, and few minor decisions. All in <2h as I was getting provisions for the upcoming Nor'easter. I had very low hopes but...
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Christophe Alexandre retweeted
To simplify the INCERTO: noise is self cancelling, signal is additive.
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Christophe Alexandre retweeted
Le dĂ©bat autour de ThĂ©lyson OrĂ©lien m'a rappelĂ© cette passionnante discussion menĂ©e par Alain Damasio, pape français de la SF, qui affirmait utiliser de plus en plus l'IA dans son processus crĂ©atif. "Je suis sidĂ©rĂ© par ses capacitĂ©s de crĂ©ation sur les univers imaginaires" Elle est "quasiment au mĂȘme niveau que mon artisanat, et ça va continuer Ă  progresser" "Quand je travaille, je suis partagĂ© entre repousser ce qu'elle me propose et rentrer dans une crise d'Ă©go ou d'orgueil, ou de me dire que c'est un nouvel outil qui va encore dĂ©ployer mon artisanat d'une maniĂšre plus fine" "J'ai arrĂȘtĂ© de dire que ce n'Ă©tait pas suffisamment puissant. Ce n'est pas vrai, c'est arrivĂ© Ă  un niveau incroyable" Extrait de @ccesoir, fĂ©vrier 2026
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Le sujet un peu tabou de cette histoire, c’est la baisse d’exigence du goĂ»t moyen. Pour que des gens, nombreux, aient lu cela et se soient exclamĂ©s : « c’est formidable », c’est bien que le niveau baisse. Et que la littĂ©rature n’a plus beaucoup de lecteurs.
Lire ça ou mourir (mourir).
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Christophe Alexandre retweeted
đŸȘ¶đŸ•ŻïžđŸ“œ L’AcadĂ©mie Goncourt peut dicter toutes les rĂšgles qu’elle veut : elle est souveraine dans le choix des critĂšres de son prix. Elle a Ă©videmement le droit de disqualifier ThĂ©lyson. 1/ Mettre en avant le plagiat, c’est comprĂ©hensible. Encore faut-il qu’il soit avĂ©rĂ© dans C’était ça ou mourir (ce que j’ignore)... 2/ En revanche, invoquer l’usage de l’IA, c’est franchement dĂ©bile ! À ce jeu-lĂ , autant imposer Ă  ses auteurs d’écrire Ă  la plume d’oie Ă  la lueur d’une bougie.
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Christophe Alexandre retweeted
@SamuelFitouss10 justifie ci-dessous la « dĂ©nonciation » de ThĂ©lyson OrĂ©lien. ExtrĂȘmement intĂ©ressant parce que c’est - sans aucun jugement de valeur - un parfait condensĂ© d’idĂ©ologie conservatrice. Il faut « conserver » la crĂ©ation littĂ©raire telle qu’on la pratique depuis l’antiquitĂ©. Et il faut « conserver » la lecture telle qu’on la pratique depuis l’antiquitĂ©. Avec un prĂ©supposĂ© qui lui aussi est intĂ©ressant mais interroge: un livre ne mĂ©rite vraiment d’ĂȘtre lu que s’il s’agit d’une transmission d’humain Ă  humain. Mais pourquoi? Pourquoi conserver contre vents et marĂ©es la pratique de l’écriture ancestrale? Pourquoi mĂȘme vouloir conserver la lecture cursive traditionnelle? Et surtout, pourquoi une Ɠuvre de l’IA nous apporterait fondamentalement moins que si elle est produite par un congĂ©nĂšre biologique? Par-delĂ  la littĂ©rature, je crois que le dĂ©bat sur l’IA va de plus en plus opposer « conservateurs » et « non-conservateurs », c’est Ă  dire des gens qui s’accrochent au monde d’avant et d’autres qui embrassent le monde futur.
Quelques mots sur « Balance ton Claude », projet Ă  travers lequel nous avons rĂ©vĂ©lĂ© que « C’était ça ou mourir », livre phĂ©nomĂšne de la rentrĂ©e littĂ©raire, est sans doute trĂšs largement rĂ©digĂ© par une IA. 1) Je n’étais pas seul ; il s’agissait d’un projet collectif. Les autres rĂ©vĂ©leront leur identitĂ© en temps voulu s’ils le souhaitent. 2) À tous ceux qui nous reprochent d’avoir nui Ă  OrĂ©lien, pensez plutĂŽt Ă  l’auteur qui a passĂ© des centaines d’heures sur son manuscrit pour Ă©crire un magnifique livre, qui aurait mĂ©ritĂ© le Goncourt, et qui ne l’aurait pas eu. Aurait-il Ă©tĂ© plus juste de laisser cet auteur ĂȘtre flouĂ© ? Et des milliers de lecteurs ĂȘtre trahis ? Nous avons Ă©videmment de la compassion pour les jours difficiles que doit vivre OrĂ©lien, et nous espĂ©rons qu’il est soutenu. Mais il nous a semblĂ© ĂȘtre de notre devoir de lancer l’alerte. 3) Quelles Ă©taient nos motivations ? Ceux qui me lisent savent que je mĂšne, depuis un an, une reflexion sur les effets de l’IA sur nos vies. Pourtant plutĂŽt techno-optimiste, je redoute qu’aprĂšs plusieurs millĂ©naires de civilisation fondĂ©e sur l’écrit, l’IA provoque la disparition de la lecture et de l’écriture. L’IA peut, et pourra de plus en plus (les tics d’écriture disparaĂźtront avec le progrĂšs des modĂšles) produire des oeuvres exceptionnelles, en quasi autonomie. Le contenu humain sera (est dĂ©jĂ  ?) noyĂ© dans un ocĂ©an de contenu IA d’excellente qualitĂ©. Un jour l’écrivain humain se dira : Ă  quoi bon ? À quoi bon passer des centaines d’heures Ă  me documenter, Ă  rĂ©flĂ©chir, Ă  choisir mes mots pour ĂȘtre dans tous les cas soupçonnĂ©s d’avoir copiĂ©-collĂ© Chat GPT (parce que certains trompent leurs lecteurs, le soupçon se gĂ©nĂ©ralisera) et pour ne pas ĂȘtre lu (l’attention humaine est une ressource finie ; plus elle est absorbĂ©e par du contenu IA, moins elle est allouĂ©e aux productions humaines) ? Pour preserver les incitations Ă  Ă©crire dans ce nouveau monde, il faudrait que les lecteurs puissent savoir s’ils ont affaire au texte d’un humain ou d’un robot, pour pouvoir, si tel est leur souhait, allouer disproportionnellement leur attention aux productions humaines. Je chĂ©ris donc l’existence de Pangram (entreprise dans laquelle je ne suis pas investisseur, mĂȘme si cette thĂ©orie est amusante), tout en redoutant que le logiciel soit dĂ©passĂ© par les progrĂšs des modĂšles. En disant ça, je ne pense pas uniquement aux Ă©crivains, mais avant tout aux lecteurs. Les lecteurs semblent aimer lire un roman rĂ©digĂ© par une IA, mais uniquement
 lorsqu’ils ne savent pas qu’il s’agit d’IA ! Or on peut collectivement s’aveugler un certain temps, mais le jour oĂč la plupart des Ă©crivains humains auront abandonnĂ©, le jour oĂč chaque lecteur comprendra qu’il fait face, avec une forte probabilitĂ©, Ă  la prose de Chat GPT, il cessera sans doute de lire. En effet, ce qui comble, dans la lecture d’un bon roman, voire d’un essai, n’est pas uniquement le fait de lire une suite de mots intĂ©ressante (mĂȘme si cela compte !), mais aussi le fait de lire des mots qu’un autre humain a pensĂ©s, pesĂ©s, qui reflĂštent sa subjectivitĂ© et sa singularitĂ©. Et ainsi d’entrer, par cette lecture, en contact avec un autre esprit. L’ĂȘtre humain n’est pas fait pour rester longtemps isolĂ© de ses semblables, or la lecture d’un roman rĂ©digĂ© par un humain le lie Ă  l’un de ses semblables ; la lecture d’un roman produit par Chat GPT ne fait rien de tel. C’est pourquoi il est important de dĂ©noncer les auteurs qui proposent un copiĂ©-collĂ© de Chat GPT en prĂ©tendant qu’il s’agit de leur plume. Non seulement ils trahissent le pacte moral qui les lie Ă  leur lectorat, mais en plus, ils contribuent Ă  retirer, de façon dĂ©loyale (car ils mentent sur la nature de leur produit !) des lecteurs Ă  ceux qui font encore l’effort de choisir leurs mots (et donc Ă  dĂ©courager cet effort). Et surtout, ils contribuent Ă  la gĂ©nĂ©ralisation du soupçon, ils Ă©rodent la prĂ©somption d’humanitĂ© dont bĂ©nĂ©ficie un texte face Ă  de potentiels lecteurs. Ils prĂ©cipitent l’avĂ©nement d’un monde oĂč plus personne ne lira et n’écrira, avec toutes les regressions cognitives et culturelles que cela implique. (Je m’étonne d’ailleurs de voir certains Ă©crivains ne pas comprendre qu’en dĂ©fendant la dĂ©marche d’OrĂ©lien, ils scient la branche qui a permis Ă  la littĂ©rature d’exister.) Entendons-nous bien : si des producteurs de contenu IA souhaitent concurrencer les Ă©crivains humain, c’est leur droit le plus strict *du moment qu’ils ne mentent pas sur la nature de leur travail et qu’ils laissent donc les lecteurs choisir en connaissance de cause*. S’il se trouve que dans ces conditions, l’attention des lecteurs se porte toute de mĂȘme massivement vers l’artificiel plutĂŽt que l’authentique, les Ă©crivains humains auront perdu Ă  la loyale. Mais les rĂ©actions Ă  l’affaire OrĂ©lien montrent que les lecteurs semblent avoir une forte prĂ©fĂ©rence pour l’authentique. Le projet est donc nĂ© de ces prĂ©occupations. Ni les idĂ©es politiques d’OrĂ©lien ni le thĂšme de son livre ne nous importaient (ceux qui me lisent savent que mon combat contre le slop n’a rien de politiquement partisan). Il se trouve que des lecteurs attentifs nous ont parlĂ© d’importants soupçons sur ce livre en particulier. Nous avons testĂ© beaucoup d’autres livres ; aucun n’atteignait de tels scores d’IA. 4) Je pense (cela n’engage que moi, pas les autres membres du collectif) qu’un mauvais procĂšs est fait aux jurys des prix littĂ©raires et aux critiques ayant encensĂ© ce livre. Le style du texte pouvait ĂȘtre pĂ©nible pour quiconque a l’habitude de discuter avec des LLM, mais pour les autres, l’admiration est comprĂ©hensible : si chaque mot de ce livre avait Ă©tĂ© choisi par un humain, il aurait sans doute fallu saluer une forme de gĂ©nie dans le rythme de cette Ă©criture, soutenue ainsi sur 250 pages. L’angle le plus profond dans cette polĂ©mique n’est pas la naivetĂ© des jurys (nous serons tous, Ă  un moment ou un autre, dĂ©passĂ©s par les progrĂšs de ces modĂšles), mais justement, cette vitesse de progression, illustrĂ©e ici par la capacitĂ© des IA non seulement Ă  passer le test de Turing mais Ă  remporter nos prix littĂ©raires les plus prestigieux. Cela donne le vertige et soulĂšve des questions existentielles sur la place de l’homme dans ce nouveau monde. 5) Merci Ă  tous les mĂ©dias, parmi lesquels LibĂ©ration, France Info, France Inter, Le Huffington Post ou Les Échos, qui ont fait un travail d’enquĂȘte honnĂȘte et rigoureux pour Ă©tablir la fiabilitĂ© de Pangram.
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Quand Jensen Huang cite le vocabulaire classique Unix pour calmer l'anthropomorphisation rampante de l'IA sur fondement de termes mal compris. đŸ„°
Jensen Huang: don’t mistake engineering vocabulary for evidence of a machine mind. AI is still software, not a human mind inside a machine. "We can't make jokes about all this stuff, we're scaring the American public." Words like “spawn,” “parent,” “child,” and “kill” have existed in computing for decades; Giving those same mechanisms human characteristics today because of AI is unnecessary and misleading. ---- From "The Ezra Klein Show + New York Times Opinion + New York Times Podcasts" YouTube channel, (full video link in comment)
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Strong- or Weak-Link Problem? Learn the difference: Science is a strong-link problem, by @a_m_mastroianni open.substack.com/pub/experi

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"La pureté de la création n'existe pas !" Je réagis dans @libe aux polémiques sur l'intelligence artificielle. Contre le puritanisme de certains, il nous faut sortir de notre tour d'ivoire. L'#IA n'abolit pas la notion d'auteur. Elle la déplace. liberation.fr/idees-et-debat

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L’argu « pensez plutĂŽt Ă  l’auteur qui a passĂ© des centaines d’heures sur son manuscrit pour Ă©crire un magnifique livre, qui aurait mĂ©ritĂ© le Goncourt, et qui ne l’aurait pas eu » me paraĂźt spĂ©cieux, ce n’est pas la durĂ©e/difficultĂ© pour l’auteur qui est primĂ©e mais le rĂ©sultat.
Quelques mots sur « Balance ton Claude », projet Ă  travers lequel nous avons rĂ©vĂ©lĂ© que « C’était ça ou mourir », livre phĂ©nomĂšne de la rentrĂ©e littĂ©raire, est sans doute trĂšs largement rĂ©digĂ© par une IA. 1) Je n’étais pas seul ; il s’agissait d’un projet collectif. Les autres rĂ©vĂ©leront leur identitĂ© en temps voulu s’ils le souhaitent. 2) À tous ceux qui nous reprochent d’avoir nui Ă  OrĂ©lien, pensez plutĂŽt Ă  l’auteur qui a passĂ© des centaines d’heures sur son manuscrit pour Ă©crire un magnifique livre, qui aurait mĂ©ritĂ© le Goncourt, et qui ne l’aurait pas eu. Aurait-il Ă©tĂ© plus juste de laisser cet auteur ĂȘtre flouĂ© ? Et des milliers de lecteurs ĂȘtre trahis ? Nous avons Ă©videmment de la compassion pour les jours difficiles que doit vivre OrĂ©lien, et nous espĂ©rons qu’il est soutenu. Mais il nous a semblĂ© ĂȘtre de notre devoir de lancer l’alerte. 3) Quelles Ă©taient nos motivations ? Ceux qui me lisent savent que je mĂšne, depuis un an, une reflexion sur les effets de l’IA sur nos vies. Pourtant plutĂŽt techno-optimiste, je redoute qu’aprĂšs plusieurs millĂ©naires de civilisation fondĂ©e sur l’écrit, l’IA provoque la disparition de la lecture et de l’écriture. L’IA peut, et pourra de plus en plus (les tics d’écriture disparaĂźtront avec le progrĂšs des modĂšles) produire des oeuvres exceptionnelles, en quasi autonomie. Le contenu humain sera (est dĂ©jĂ  ?) noyĂ© dans un ocĂ©an de contenu IA d’excellente qualitĂ©. Un jour l’écrivain humain se dira : Ă  quoi bon ? À quoi bon passer des centaines d’heures Ă  me documenter, Ă  rĂ©flĂ©chir, Ă  choisir mes mots pour ĂȘtre dans tous les cas soupçonnĂ©s d’avoir copiĂ©-collĂ© Chat GPT (parce que certains trompent leurs lecteurs, le soupçon se gĂ©nĂ©ralisera) et pour ne pas ĂȘtre lu (l’attention humaine est une ressource finie ; plus elle est absorbĂ©e par du contenu IA, moins elle est allouĂ©e aux productions humaines) ? Pour preserver les incitations Ă  Ă©crire dans ce nouveau monde, il faudrait que les lecteurs puissent savoir s’ils ont affaire au texte d’un humain ou d’un robot, pour pouvoir, si tel est leur souhait, allouer disproportionnellement leur attention aux productions humaines. Je chĂ©ris donc l’existence de Pangram (entreprise dans laquelle je ne suis pas investisseur, mĂȘme si cette thĂ©orie est amusante), tout en redoutant que le logiciel soit dĂ©passĂ© par les progrĂšs des modĂšles. En disant ça, je ne pense pas uniquement aux Ă©crivains, mais avant tout aux lecteurs. Les lecteurs semblent aimer lire un roman rĂ©digĂ© par une IA, mais uniquement
 lorsqu’ils ne savent pas qu’il s’agit d’IA ! Or on peut collectivement s’aveugler un certain temps, mais le jour oĂč la plupart des Ă©crivains humains auront abandonnĂ©, le jour oĂč chaque lecteur comprendra qu’il fait face, avec une forte probabilitĂ©, Ă  la prose de Chat GPT, il cessera sans doute de lire. En effet, ce qui comble, dans la lecture d’un bon roman, voire d’un essai, n’est pas uniquement le fait de lire une suite de mots intĂ©ressante (mĂȘme si cela compte !), mais aussi le fait de lire des mots qu’un autre humain a pensĂ©s, pesĂ©s, qui reflĂštent sa subjectivitĂ© et sa singularitĂ©. Et ainsi d’entrer, par cette lecture, en contact avec un autre esprit. L’ĂȘtre humain n’est pas fait pour rester longtemps isolĂ© de ses semblables, or la lecture d’un roman rĂ©digĂ© par un humain le lie Ă  l’un de ses semblables ; la lecture d’un roman produit par Chat GPT ne fait rien de tel. C’est pourquoi il est important de dĂ©noncer les auteurs qui proposent un copiĂ©-collĂ© de Chat GPT en prĂ©tendant qu’il s’agit de leur plume. Non seulement ils trahissent le pacte moral qui les lie Ă  leur lectorat, mais en plus, ils contribuent Ă  retirer, de façon dĂ©loyale (car ils mentent sur la nature de leur produit !) des lecteurs Ă  ceux qui font encore l’effort de choisir leurs mots (et donc Ă  dĂ©courager cet effort). Et surtout, ils contribuent Ă  la gĂ©nĂ©ralisation du soupçon, ils Ă©rodent la prĂ©somption d’humanitĂ© dont bĂ©nĂ©ficie un texte face Ă  de potentiels lecteurs. Ils prĂ©cipitent l’avĂ©nement d’un monde oĂč plus personne ne lira et n’écrira, avec toutes les regressions cognitives et culturelles que cela implique. (Je m’étonne d’ailleurs de voir certains Ă©crivains ne pas comprendre qu’en dĂ©fendant la dĂ©marche d’OrĂ©lien, ils scient la branche qui a permis Ă  la littĂ©rature d’exister.) Entendons-nous bien : si des producteurs de contenu IA souhaitent concurrencer les Ă©crivains humain, c’est leur droit le plus strict *du moment qu’ils ne mentent pas sur la nature de leur travail et qu’ils laissent donc les lecteurs choisir en connaissance de cause*. S’il se trouve que dans ces conditions, l’attention des lecteurs se porte toute de mĂȘme massivement vers l’artificiel plutĂŽt que l’authentique, les Ă©crivains humains auront perdu Ă  la loyale. Mais les rĂ©actions Ă  l’affaire OrĂ©lien montrent que les lecteurs semblent avoir une forte prĂ©fĂ©rence pour l’authentique. Le projet est donc nĂ© de ces prĂ©occupations. Ni les idĂ©es politiques d’OrĂ©lien ni le thĂšme de son livre ne nous importaient (ceux qui me lisent savent que mon combat contre le slop n’a rien de politiquement partisan). Il se trouve que des lecteurs attentifs nous ont parlĂ© d’importants soupçons sur ce livre en particulier. Nous avons testĂ© beaucoup d’autres livres ; aucun n’atteignait de tels scores d’IA. 4) Je pense (cela n’engage que moi, pas les autres membres du collectif) qu’un mauvais procĂšs est fait aux jurys des prix littĂ©raires et aux critiques ayant encensĂ© ce livre. Le style du texte pouvait ĂȘtre pĂ©nible pour quiconque a l’habitude de discuter avec des LLM, mais pour les autres, l’admiration est comprĂ©hensible : si chaque mot de ce livre avait Ă©tĂ© choisi par un humain, il aurait sans doute fallu saluer une forme de gĂ©nie dans le rythme de cette Ă©criture, soutenue ainsi sur 250 pages. L’angle le plus profond dans cette polĂ©mique n’est pas la naivetĂ© des jurys (nous serons tous, Ă  un moment ou un autre, dĂ©passĂ©s par les progrĂšs de ces modĂšles), mais justement, cette vitesse de progression, illustrĂ©e ici par la capacitĂ© des IA non seulement Ă  passer le test de Turing mais Ă  remporter nos prix littĂ©raires les plus prestigieux. Cela donne le vertige et soulĂšve des questions existentielles sur la place de l’homme dans ce nouveau monde. 5) Merci Ă  tous les mĂ©dias, parmi lesquels LibĂ©ration, France Info, France Inter, Le Huffington Post ou Les Échos, qui ont fait un travail d’enquĂȘte honnĂȘte et rigoureux pour Ă©tablir la fiabilitĂ© de Pangram.
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Evidemment, le problĂšme n'a jamais Ă©tĂ© l'IA, c'est simplement celui qui l'utilise. Tout le syndicat des critiques littĂ©raires, tous ces grands intellectuels balayent l'IA d'un revers de main sans prendre le temps de s'y intĂ©resser et en ont, au fond, un Ă©norme mĂ©pris. Ils essayent simplement de garder la face d'ĂȘtre tombĂ©s si facilement dans le panneau pour certains, et pour d'autres, c'est tout simplement gĂ©nial qu'un noir visiblement pas trĂšs malin (comme le montrent ses divers passages TV laborieux) ait pu se servir de cet outil pour raconter son histoire, de la mĂȘme façon que les profs de gauche et les Ă©ducateurs sont admiratis du premier immigrĂ© de 17 ans qui fait une rime simple dans un français B2 dans un slam de merde qui aurait pu ĂȘtre Ă©crit par un gamin de 7 ans.
En y repensant le mĂȘme Cespedes qui dit aujourd’hui « oui le livre c’est de l’IA de merde mais osef hein moi je dis bravo c’est l’avenir » a passĂ© l’étĂ© Ă  dĂ©lirer pendant *des heures* en prĂ©tendant que l’OdyssĂ©e de Nolan avait Ă©tĂ© Ă©crite par une IA pour descendre le film
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