On se souvient du défilé d'imbéciles se rendant dans les usines de la société Duralex, notamment en 2025. Toute la gauche vêtue de bleu s'était rendue en pèlerinage auprès de Saint Duralex pour prier pour un avenir radieux fait de coopératives et de disparition des affreux capitalistes. C'était le triomphe de l'industrie collectivisée à coups de subventions et de prêts bonifiés. Il ne manquait que les drapeaux rouges et les portraits de Lénine.
Et puis on a vu l'enfant chéri de cette gauche, dont la compréhension des mécanismes économiques est proche du zéro absolu, venir quémander auprès de Français crédules de l'argent sonnant et trébuchant pour « investir », c'est-à-dire en réalité pour boucher les trous d'une entreprise qui paie le prix de tous les travers de notre pays. Le capitalisme était décidément une horreur, sauf lorsqu'il s'agissait de trouver des capitaux.
Une page est tournée. Duralex a fait faillite et va être repris par un "salaud de capitaliste", et la gauche est soudainement devenue silencieuse. Les bleus de travail ont été remisés pour une prochaine occasion, les Faure, Tondelier et autres Castets sont repartis se faire nourrir par les contribuables et/ou les militants. Cette classe d'oisifs qui a des idées sur tout mais n'a jamais rien fait de ses dix doigts, qui crache sur le capitalisme en profitant des avantages qu'il apporte. Et qui ne prend jamais le risque d'y laisser un centime de sa poche.
Dix mille Français se sont fait arnaquer par les anciens dirigeants de l'entreprise, bénis par cette gauche inepte. Les millions du contribuable n'avaient pas suffi, il fallait aussi plumer des naïfs qui pensaient contribuer aux lendemains qui chantent. Ils auront au moins découvert une particularité du socialisme : les pertes sont toujours bien réelles, même lorsque les promesses sont imaginaires.
Voilà, c'est ça le socialisme : une nomenklatura qui se fait prendre en photo, qui croûte aux crochets des autres, et qui se cache quand la tempête arrive. Les ouvriers restent, les créanciers aussi. Les pèlerins, eux, sont déjà partis célébrer un autre miracle.
Duralex, la gauche et l’économie
Duralex a demandé son placement en redressement judiciaire après avoir brûlé plus de 30 millions d’euros en à peine un an et demi.
On se souvient de l’émoi des différentes composantes de la gauche française lorsque l’État et les collectivités locales avaient massivement subventionné la reprise de l’entreprise par ses salariés. Chacun y était allé de sa petite visite en bleu de travail dans la « vraie entreprise » — comprenez : la coopérative. La formule de reprise bénéficiait alors du tampon de respectabilité socialiste : elle incarnait la coopérative providentielle.
Il ne sera pas difficile de retrouver les commentaires enthousiastes des représentants de cette gauche moralisatrice venant expliquer au « grand capital » — notion suffisamment extensible pour inclure nombre de PME — qu’on allait enfin démontrer qu’il était possible de contourner le capitalisme, et que la propriété collective des moyens de production constituait LA solution. Ne soyons pas cruels : évitons de ressortir tous ces dithyrambes enamourés. Mais chacun notera aujourd’hui la grande discrétion qui entoure, à gauche, la nouvelle faillite de Duralex : circulez, y a rien à voir.
Il y a pourtant plusieurs leçons à tirer de cette affaire.
1. L’entreprise ne s’improvise pas. L’industrie encore moins.
Faire de l’industrie suppose des actionnaires compétents, capables d’actionner le frein ou l’accélérateur au bon moment. Une entreprise industrielle n’est pas un slogan politique ni un objet militant : c’est une structure complexe qui exige des décisions difficiles, du capital et une vision de long terme.
2. Ce n’est pas un hasard si les SCOP industrielles sont quasiment inexistantes.
L’industrie requiert des capitaux importants et, surtout, la capacité à lever rapidement des fonds à certains moments critiques de la vie de l’entreprise. Certes, Duralex a levé des fonds en 2025, mais dans des conditions qui interrogent sur l’extrême indulgence des autorités de marché, lesquelles ont laissé l’entreprise solliciter l’épargne du grand public avec une certaine « souplesse » financière.
3. La France a méthodiquement détruit son industrie.
Avec la complicité parfaitement assumée des syndicats et des responsables politiques. On ne fait pas d’industrie quand l’industrie ne gagne plus d’argent. Or, en France, hormis quelques secteurs encore protégés — pour combien de temps ? — produire n’est plus rentable.
Les syndicats ont voulu traire la vache jusqu’à l’épuisement ; ils ont fini par la mettre à genoux. Les politiciens ont achevé le travail avec des charges, des normes et une fiscalité devenues délirantes.
4. La gauche reste largement inculte en économie.
À l’exception, bien sûr, de ceux qui se disent de gauche tout en sachant parfaitement gérer leur patrimoine ou leurs affaires, suivez mon regard. Ceux-là donnent des leçons aux autres mais prennent soin de ne jamais se les appliquer à eux-mêmes. Pigasse, par exemple, qui fait la une ces derniers jours en redevenant banquier d’affaires : on peut être socialiste, communiste, insoumis ou écologiste — choisissez l’étiquette — et apprécier malgré tout les très gros chèques.
5. La France s’enfonce.
Alors même que Duralex a été abreuvée de subventions de toutes sortes, l’expérience se termine par un échec. Et pourtant, personne ne semble prêt à regarder le problème en face.
Il faudra bien, un jour, remettre à plat notre modèle économique et réapprendre que produire de la richesse est indispensable. Sans cela, le pays continuera de sombrer. Lentement, mais sûrement.