Or le véhicule qui pourrait correspondre à ce profil — KHC — n’est devenu un véritable propriétaire de club de football qu’en 2026.
D’où l’hypothèse que je trouve désormais plus intéressante que celle d’une vente « bloquée » pendant des années sur le prix.
Et si le temps écoulé ne correspondait pas plutôt à la maturation de l’architecture nécessaire à une transaction ?
Il fallait laisser se mettre en place Newcastle, clarifier les règles de contrôle, construire les véhicules sportifs saoudiens, faire entrer PIF chez KHC, organiser la privatisation des clubs saoudiens et faire de KHC un véritable acteur du football.
Pendant ce temps, côté McCourt, la structure capitalistique évolue elle aussi : arrivée d’un investisseur non identifié, pacte d’associés, augmentations de capital et ouverture de McCourt Europe.
Et au bout de cette chronologie se trouve une date que l’on avait peut-être sous-estimée : octobre 2026.
Dix ans après l’acquisition.
À quelques jours près, l’expiration potentielle de cette clause interdisant à McCourt de prendre un autre club sportif en Europe pendant dix ans.
Encore une fois : cette clause n’interdisait pas à McCourt de vendre l’OM. Elle ne constitue donc pas, à elle seule, une explication d’un éventuel retard.
Mais si une opération plus large prévoyait simultanément la sortie de McCourt de l’OM, son repositionnement dans un autre actif sportif européen, ou une nouvelle architecture avec ses partenaires historiques comme GG, son expiration pourrait devenir beaucoup plus significative.
Et cela ramène nécessairement à Mark Walter.
Non parce qu’il serait démontré qu’il détient secrètement l’OM : nous n’en avons aucune preuve.
Mais parce que Walter et McCourt ont déjà appliqué ensemble un modèle où l’un rachète l’actif sportif de l’autre tout en maintenant ensuite des intérêts économiques communs. C’est exactement ce qui s’est produit après les Dodgers.
Le parallèle ne constitue pas une preuve. Mais lorsqu’on ajoute cette relation historique, l’investisseur mystérieux de McCourt Europe, la montée en puissance du capital sportif saoudien et la clause des dix ans, la chronologie devient beaucoup plus cohérente.
Elle peut aussi expliquer pourquoi aucune annonce n’aurait eu intérêt à intervenir trop tôt.
Entre 2020 et 2026, les difficultés pouvaient successivement être réglementaires, géopolitiques, liées à la multi-propriété, à la constitution du véhicule acquéreur, au financement ou simplement à l’existence d’engagements contractuels anciens de McCourt.
Il reste évidemment une pièce fondamentale que nous n’avons pas : la preuve qu’un accord concernant l’OM existe effectivement.
Sans SPA, mandat de vente, financement identifié ou document reliant juridiquement McCourt Europe à KHC/PIF, cela reste un faisceau d’indices et non la démonstration d’une vente.
Mais après avoir déroulé les dix années, une chose apparaît : 2026 n’est pas une date isolée.
C’est la première année où plusieurs éléments convergent simultanément : échéance potentielle de la clause McCourt, nouvelle architecture de McCourt Europe, KHC devenu propriétaire de football, PIF capable de recycler ses actifs sportifs vers le privé et Sela organisé pour une expansion internationale.
La vraie question n’est donc peut-être plus : « pourquoi une vente aurait-elle été retardé aussi longtemps ? »
Mais plutôt :
« Fallait-il précisément ces dix années pour que toutes les conditions permettant l’opération finale soient enfin réunies ? »
Aujourd’hui, nous savons que AWBT avait dit que le projet de rachat n’était pas d’actualité en 2021 et n’excluait pas la possibilité de revoir la question plus tard.
On sait que le club a été valorisé à plus d’un milliard et que notre cher ami Lulu a toujours parlé d’un montant d’un milliard bloqué dans une grande banque.
On sait que la clause des 10 ans est levée, que l AS s’est structurée sur le plan sportif pour la multipropriété, que les accords géopolitiques et économiques ont été conclus 👇