Treewater s’attaque aux PFAS dans les eaux industrielles 2/6⬇️
Détruire les PFAS avant qu’ils ne se dispersent dans la nature : c’est le pari de Treewater. Spécialisée dans le traitement des eaux industrielles, l’entreprise française développe des procédés qu’elle prévoit de commercialiser à l’horizon 2027 !
Leur résistance a fait leur succès dans l’industrie. Elle explique aussi pourquoi ils posent aujourd’hui problème. Utilisés pour rendre des textiles imperméables ou des revêtements antiadhésifs, les PFAS se dégradent difficilement dans l’environnement. Une fois rejetés dans les milieux naturels, ces « polluants éternels », comme ils sont surnommés par la presse, peuvent contaminer durablement les eaux et les sols.
Pour limiter leur dispersion, Treewater, spécialiste du recyclage des eaux industrielles, entend intervenir directement sur les eaux rejetées par les usines. L’entreprise équipe déjà des blanchisseries, des papeteries et des industriels du textile pour traiter leurs eaux usées. Avec « PREFAS », son nouveau projet consacré aux PFAS, qui est lauréat du plan France 2030, elle s’attaque à ces molécules particulièrement difficiles à détruire.
Cela tombe pile au bon moment : le calendrier réglementaire pousse les industriels à agir au plus vite. En France, un décret de septembre 2025 fixe une trajectoire nationale de réduction de leurs rejets aqueux de PFAS : moins 70 % d’ici février 2028, par rapport à 2023, avec l’objectif de tendre vers leur cessation en février 2030 !
Or, retirer les PFAS de l’eau ne suffit pas toujours à régler le problème. Certains traitements les piègent dans des résidus solides ou liquides, qu’il faut ensuite prendre en charge. L’eau est certes dépolluée, mais les substances restent à éliminer…
Treewater développe donc deux approches pour les décomposer : la réduction avancée, utilisant les ultraviolets, pour les PFAS à chaîne longue ; et l’électro-oxydation, fondée sur l’électricité, pour ceux à chaîne courte, notamment le TFA, ou acide trifluoroacétique.
Les résultats obtenus à ce stade permettent d’engager le déploiement de pilotes industriels à grande échelle, selon l’entreprise. « Nous sommes en train de maturer ce dispositif, mais nous parvenons déjà à éliminer plus de 99 % des molécules de PFAS les plus courantes », explique son dirigeant, Marc-Emmanuel Bouchard, aux Échos.
Ces installations doivent préparer la commercialisation annoncée pour 2027. Il faudra notamment adapter les traitements à la composition des effluents et aux volumes produits par chaque usine. Par ailleurs, d’autres solutions innovantes sont actuellement en développement pour éliminer les molécules déjà présentes dans la nature.