La France n’est pas morte. Elle exporte ses meilleurs ingénieurs.
Environ 145 000 à 150 000 ingénieurs français travaillent à l’étranger (près de 15 % de la profession). Aux États-Unis, plus de 30 000 Français sont sous visa H-1B, dont 55 % en Silicon Valley. Les seuls FAANG en emploient près de 15 000.
Tesla recrute massivement en H-1B. SpaceX est bridé par l’ITAR (US persons), mais Musk a dit publiquement qu’il en prendrait davantage s’il le pouvait.
Ils ne partent pas par hasard. Ils partent parce qu’on leur offre de l’ambition, du capital et de la vitesse ce que la France et l’Europe ont largement cessé de leur proposer.
Voici des exemples concrets :
• Jérôme Guillen (ENSTA + doctorat Michigan) a dirigé le programme Model S, a été vice-président mondial des ventes et services, puis Président de la division Automobile de Tesla. Pendant des années, il a été le bras droit opérationnel d’Elon Musk et a piloté le Semi.
• Chez SpaceX, Mathias Verhasselt, designer industriel français (2018-2024), a produit des images et intérieurs iconiques du Starship. Des dizaines d’autres ingénieurs français y passent (après green card ou naturalisation), comme à la NASA.
• En IA : Yann LeCun (Turing Award, un des pères du deep learning, longtemps Chief AI Scientist chez Meta). Fidji Simo à haut niveau chez OpenAI. Clément Delangue (Hugging Face), Olivier Pomel (Datadog). Des Polytechniciens et Centraliens en masse chez Google, Apple, Nvidia, etc.
La « French Mafia » de l’IA n’est pas un mythe.
Le problème n’est pas le talent français. Le problème, c’est un pays et une Europe qui ont choisi de le faire fuir plutôt que de le laisser construire le prochain Concorde ou le prochain Starship chez eux.
En France, on a inventé le Concorde.
En 1969, il décollait et atteignait Mach 2 symbole de la grandeur gaullienne, conçu pour défier les Américains.
En 1972, le TGV 001 battait le record mondial à turbine (318 km/h).
En 1981, le TGV électrique reliait Paris à Lyon à 260 km/h. En 2007, il pulvérisait encore le record mondial sur rail : 574,8 km/h.
Dans les années 70, le plan Messmer lançait le plus grand programme nucléaire civil de l’Histoire : 58 réacteurs, jusqu’à 70-80 % de notre électricité, une indépendance énergétique que le monde entier nous enviait.
Dassault, Sud-Aviation, EDF, Framatome, la SNCF : nos ingénieurs étaient les meilleurs. On avait dix à vingt ans d’avance sur presque tout le monde.
Puis 1981, Mitterrand. Nationalisations massives (banques, acier, chimie, électronique, aéronautique). Semaine de 39 heures. Lois Auroux. Charges sociales qui explosent. Syndicats tout-puissants. Fiscalité punitive. Droit du travail rigidifié.
En moins de cinquante ans, le socialisme a transformé un pays d’ingénieurs conquérants en un pays de grèves, de délocalisations et de stagnation relative.
L’industrie est passée d’environ 28 % du PIB à 11 %.
Le Concorde a été abandonné. Notre nucléaire a été presque démantelé pendant des décennies faute de choix politique mortifère.
Ce n’est pas le destin, c’est le prix d’une idéologie qui a préféré redistribuer et réglementer plutôt que construire et innover.
A bon entendeur.