Le keffieh n'est plus un simple vêtement, madame Ghazal
Il faut être d'une naïveté confondante ou d'une mauvaise foi remarquable pour prétendre que le keffieh n'est aujourd'hui qu'un simple symbole culturel. Oui, à l'origine, il s'agissait d'un vêtement traditionnel porté dans plusieurs régions du Moyen-Orient. Mais les symboles évoluent avec l'histoire. Ils finissent par représenter bien davantage que leur fonction ou leur origine.
Le keffieh est devenu un symbole politique reconnu partout dans le monde. C'est précisément pour cette raison qu'il est porté lors de manifestations, de rassemblements militants et d'événements à caractère idéologique. Personne ne l'ignore. Certainement pas une députée expérimenté comme Ruba Ghazal.
Lorsqu'un élu choisit de porter un symbole aussi chargé à l'Assemblée nationale, il ne pose pas un geste anodin. Il fait un choix politique. Il envoie un message. Il cherche à afficher une appartenance, une solidarité ou une revendication. Prétendre le contraire relève de la pure fiction.
Le plus troublant dans cette histoire n'est pas le keffieh lui-même. C'est le réflexe devenu quasi permanent de Québec solidaire de transformer les institutions québécoises en tribunes pour des causes internationales. Alors que les Québécois sont préoccupés par le coût de la vie, l'accès aux soins de santé, le logement et la sécurité économique, certains élus semblent davantage préoccupés par les conflits qui se déroulent à des milliers de kilomètres d'ici.
Québec solidaire donne souvent l'impression de chercher la controverse plutôt que le rassemblement. Le parti sait parfaitement que ce genre de geste divise l'opinion publique. Il sait qu'il sera interprété comme une prise de position politique. Pourtant, il persiste. Pourquoi? Parce que la provocation fait partie de sa stratégie. Elle lui permet d'occuper l'espace médiatique et d'alimenter son image militante. C’est sûrement la façon d’être communiste, sans l’avouer.
L'Assemblée nationale devrait être un lieu où les élus mettent en avant ce qui unit les Québécois. Or, chaque fois que QS choisit d'y importer des symboles associés à des luttes et à des conflits étrangers, il contribue plutôt à accentuer les fractures. Ce n'est pas du courage politique. C'est une démonstration de militantisme qui place l'idéologie au-dessus du devoir de représenter l'ensemble de la population.
En portant le keffieh à l'Assemblée nationale, Ruba Ghazal n'a pas simplement choisi un accessoire vestimentaire. Elle a fait un geste politique calculé. Et la rapidité avec laquelle ses partisans tentent ensuite de faire croire qu'il ne s'agit que d'un symbole culturel démontre exactement le contraire. Quand un symbole ne signifie prétendument rien, on ne ressent habituellement pas le besoin de le mettre aussi ostensiblement en scène.