Il est mort.
Nous sommes dimanche.
Je n’ai pas dormi de la nuit.
La mort d’un homme m’a profondément bouleversée.
Vous souvenez-vous de cette femme, dans cette vidéo du 19 juillet ?
De sa mère, âgée de 88 ans, et de son frère, 53 ans tous les deux lourdement handicapés ?
Ils vivaient à Paris18eme.
Au 5ᵉ étage.
Sans ascenseur.
J’avais lancé un cri d’alerte.
J’avais interpellé les pouvoirs publics.
J’avais demandé de l’aide.
J’avais espéré que quelqu’un entende enfin l’urgence de leur situation.
Je n’ai pas réussi à les aider.
Aujourd’hui, l’homme de 53 ans vient de mourir
Et je m’en veux.
Je m’en veux de ne pas avoir réussi, moi-même, à trouver un logement digne et accessible pour cet homme en souffrance.
À travers mon association, je suis chaque jour en première ligne face à la détresse des uns et des autres. J’entends les appels au secours. Je vois les situations indignes. Je rencontre des familles épuisées, des personnes abandonnées à leur sort.
Mais il y a des jours où l’on se sent terriblement impuissant.
Aujourd’hui en est un.
Comment peut-on laisser une personne lourdement handicapée vivre au 5ᵉ étage sans ascenseur à Paris 18 ?
Comment peut-on accepter qu’une femme de 88 ans soit obligée de ramper pour rentrer chez elle ?
Comment peut-on savoir… et laisser faire ?
Ce matin, je suis sans voix.
J’ai mal.
J’ai honte.
Honte qu’en 2026, dans notre pays, des êtres humains puissent encore être condamnés à vivre ainsi.
Je pense à cet homme qui vient de partir.
À sa sœur.
À sa mère.
Et je pense à tous ceux qui, derrière des portes que personne n’ouvre, vivent encore aujourd’hui la même détresse.
On parle de dignité.
On parle d’inclusion.
On parle de droits.
Mais les mots ne suffisent plus.
Personne ne devrait avoir à ramper pour rentrer chez soi.
Personne ne devrait être prisonnier de son propre logement.
Personne ne devrait mourir avec le sentiment d’avoir été oublié.
Aujourd’hui, je ne sais pas quoi dire.
Alors j’écris.
Parce que me taire serait encore pire