Avons-nous réellement des élus à l’image du peuple, comme on l’entend si souvent pour justifier l’incurie qui règne dans une partie de nos institutions ?
J’ai longtemps, moi aussi, trouvé cette idée évidente. Aujourd’hui, je crois surtout qu’elle sert à clore la discussion et à nous faire accepter l'innacceptable.
Car lorsqu’on observe honnêtement le décalage entre la vie réelle des Français et le spectacle offert quotidiennement par une partie du personnel politique et médiatique, une conclusion s’impose : le peuple n’est pas aussi bête qu’on veut nous le faire croire.
Bien au contraire.
Quand on échange avec des gens ordinaires, loin des postures militantes et des biais idéologiques, les discussions sont souvent lucides, concrètes et pragmatiques. Rarement bloquées. Rarement hystérisées. Aucun sujet n'est tabou.
Le fameux dérapage de Delphine Ernotte expliquant vouloir « représenter la France telle qu’on voudrait qu’elle soit » disait d’ailleurs beaucoup plus que ce qu’elle pensait révéler. Il disait surtout ceci : une partie des élites ne cherche plus à montrer le réel, mais à le remodeler.
C’est aussi pour cette raison que
@X dérange autant depuis son rachat par
@elonmusk que je cite à dessein. Parce qu’en dépit de tous ses défauts, cette plateforme a rouvert des espaces de confrontation que beaucoup préféraient verrouillés. Certaines régulations deviennent des outils idéologiques.
La réalité est d’ailleurs plus simple qu’on ne le dit : une grande partie des citoyens compétents, équilibrés et loyaux n’ont aucune envie de faire de la politique aujourd’hui.
Pourquoi prendraient-ils ce risque ?
Exposer leur famille, leur activité professionnelle ou leur réputation pour être immédiatement livrés à des campagnes de harcèlement dès qu’un mot sort du cadre idéologique autorisé ?
Cette mécanique d’intimidation existe. Et elle produit un effet très concret : elle écarte souvent les profils les plus solides.
Tous les élus ne sont évidemment pas mauvais. Certains sont sincères, courageux, travailleurs, profondément engagés pour le bien commun. Mais beaucoup se retrouvent isolés face à des logiques partisanes, des réseaux verrouillés, des comportements vociférants et des postures idéologiques devenues parfois plus importantes que le réel lui-même.
J’ai d’ailleurs découvert avec surprise, au fil des années, davantage d’ouverture d’esprit chez nombre d’élus de droite que dans certains milieux de gauche pourtant persuadés d’incarner la tolérance. Une partie de cette gauche s’est enfermée dans un logiciel militant incapable d’accepter la contradiction sans immédiatement moraliser ou disqualifier.
Et c’est ici que le sujet devient dangereux : lorsqu’on commence à voir les individus uniquement à travers leur origine, leur couleur, leur genre ou leur appartenance supposée, on finit précisément par produire l’inverse de l’universalisme que l’on prétend défendre.
Ceux qui restent enfermés dans leurs dogmes, qui refusent d’entendre le monde tel qu’il est et préfèrent l’idéologie au concret doivent partir sans tarder. C'est désormais incontournable.
Parce que nos jeunes méritent mieux que cet inexorable effondrement auquel nous assistons.
L’audition d’Arthur Mensch à l’Assemblée nationale en témoigne : la France dispose d’atouts immenses. Encore faut-il cesser de confier le volant à ceux qui passent davantage de temps à parler qu’à comprendre. Les députés présents, visiblement en stage de découverte, ont au moins eu une qualité essentielle, devenue trop rare aujourd’hui : ils ont écouté. Ils ont laissé parler quelqu’un qui construit, qui maîtrise son sujet, qui travaille. C'est ce qu'on attend d'eux. Ceux qui refusent obstinément d’écouter le réel ne peuvent plus continuer à piloter le pays.
Nous attendons dorénavant de nos responsables publics de l’écoute, du réel, du sérieux. C'est pour cela qu'ils sont élus, pas pour détruire notre pays et détruire l'avenir de nos jeunes.
« Face au PDG de Mistral AI, les députés passent pour de véritables stagiaires ! »
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