La France cherche son gĂ©nĂ©ral mais on lâa dĂ©jĂ .
Pierre de Villiers, chef dâĂ©tat-major des armĂ©es jusquâen 2017, a dĂ©missionnĂ© fait sans prĂ©cĂ©dent sous la Ve RĂ©publique plutĂŽt que de cautionner les coupes de Macron et de commander une armĂ©e quâil savait trop faible pour protĂ©ger durablement la France. Il a refusĂ© de se laisser « baiser ».
Depuis, il alerte sans relĂąche : nous avons dĂ©sarmĂ© pendant que le monde se rĂ©armait, seule la force fait reculer la violence, et il faut un rĂ©armement militaire rĂ©el (effectifs, stocks, logistique, capacitĂ© Ă durer) doublĂ© dâun rĂ©armement des forces morales face au terrorisme islamiste radical et au retour des Ătats-puissances.
AprĂšs le chaos du 17 octobre Ă©meutes, pillages, forces de lâordre dĂ©bordĂ©es, et gouvernement qui gesticule le contraste est brutal.
Pendant que les politiques parlent de mĂ©thode, de transparence et de « commandement continu », le GĂ©nĂ©ral De Villiers parle depuis des annĂ©es dâautoritĂ©, de rĂ©alitĂ©s : dĂ©sarmement militaire, fracture sociale, insĂ©curitĂ©, absence de volontĂ© claire.
Il ne se prĂ©sente pas. Mais le fait quâon se tourne vers lui rĂ©vĂšle surtout le vide : un pays qui cherche un chef qui a dĂ©jĂ commandĂ©, qui a dĂ©jĂ dit non Ă un prĂ©sident, et qui refuse de mentir sur lâĂ©tat de la dĂ©fense, de lâordre et de la cohĂ©sion nationale.
Le problĂšme nâest pas quâon nâa pas de gĂ©nĂ©ral. Câest quâon ne veut pas lâentendre.