Je tiens à saluer les sénateurs qui ont voté en faveur de la loi « casseurs-payeurs », rappelant ainsi un principe fondamental de l’État de droit : nul ne saurait se soustraire aux conséquences de ses actes, et la jeunesse, si légitime que soit l’indulgence qu’elle appelle, ne saurait tout excuser.
Il importe, à cet égard, de ne pas entretenir de confusion entre cette loi et la question des mobilisations lycéennes.
Défendre le droit de la jeunesse à s’exprimer, à contester et à porter des revendications, c’est aussi défendre son droit à être entendue sans que sa parole soit confisquée par ceux qui la détournent à des fins de violence.
Les casseurs ne sont pas les alliés des lycéens : ils sont les adversaires de leurs revendications.
En s’infiltrant dans les manifestations pour y semer le désordre, en substituant la violence au débat et la destruction à la contestation, ils desservent les causes qu’ils prétendent parfois servir. Pire encore, leurs agissements brouillent le message des manifestants pacifiques et font peser sur l’ensemble d’un mouvement la suspicion née des exactions d’une minorité.
C’est précisément pour éviter cet amalgame qu’il faut distinguer avec fermeté ceux qui manifestent pour faire entendre leurs idées de ceux qui profitent de leur mobilisation pour commettre des dégradations.
La responsabilité est individuelle ; elle ne saurait devenir une culpabilité collective.
Redonner confiance à la jeunesse, ce n’est ni fermer les yeux sur les débordements ni renoncer à l’exigence de responsabilité.
C’est, au contraire, lui reconnaître la maturité nécessaire pour être entendue, tout en rappelant que la liberté de manifester ne confère aucun droit à détruire.
L’autorité de l’État et le respect des libertés publiques ne sont pas antagonistes. Ils sont les deux piliers d’une démocratie qui protège à la fois le droit de contester et celui de ne pas subir les conséquences de violences que rien ne saurait justifier.
Remercier les sénateurs qui ont soutenu ce texte, c’est donc saluer une exigence de responsabilité, tout en réaffirmant une conviction essentielle : la jeunesse mérite notre confiance, les revendications méritent d’être entendues et les violences doivent être assumées par ceux qui les commettent.