Et si le problème était aussi que l’école ne sait plus quoi faire de ses débiles, pardon, élèves ?
Le docteur
@Doc_Alexandre met régulièrement le doigt sur une question que le débat public préfère souvent contourner.
Je regarde les images des manifestations, on y voit des adolescents bloquer leurs établissements, brûler des poubelles, brandir des drapeaux palestiniens ou algériens.
On les entend ensuite expliquer leurs revendications. Et certaines sont parfaitement légitimes : manque d’enseignants, classes surchargées, locaux dégradés, conditions d’étude difficiles. Mais elles sont rarissimes !
La majorité est plus étonnantes, j’ai déjà eu l’occasion de les décrire, alors...
Il faut se garder des caricatures, les meilleurs lycéens ne sont pas représentés par une majorité de tarés, qui brûlent des poubelles et dégradent le mobilier urbain.
Et que fait-on de ces élèves, qui pour l’immense majorité, ne sont pas faits pour les études générales ?
La réponse française a longtemps consisté à repousser le problème.
Et pourtant l’apprentissage a longtemps été une des meilleures solutions.
Jusqu’aux calamiteuses années Mitterand.
L’apprentissage n’est pas une punition pour ceux qui ne réussissent pas dans la voie générale. C’est une autre manière d’apprendre.
Pour certains jeunes, elle est même beaucoup plus adaptée : apprendre un métier, travailler avec ses mains, voir immédiatement l’utilité de ce que l’on fait, recevoir un salaire, acquérir progressivement une autonomie et entrer dans la vie adulte avec une qualification.
Pourquoi continuons-nous à considérer le métier comme une défaite et les études générales comme la réussite suprême ?
Je me souviens d’une époque où l’orientation était beaucoup plus précoce.
Dans mon collège, les classes étaient différenciées, triées dès la sortie de CM2.
Certains poursuivaient vers les études générales et l’université. La majorité se dirigeait vers des formations professionnelles. D’autres encore entraient progressivement dans l’apprentissage.
Ce système avait une vertu essentielle : il acceptait l’idée que tous les enfants n’avaient pas les mêmes aptitudes, les mêmes envies ni les mêmes ambitions.
Lorsque l’on maintient artificiellement dans l’enseignement général des adolescents qui n’y trouvent plus aucun sens, ou qui n’ont jamais eu les capacités d’y être, on ne produit pas davantage de réussite, on produit un effondrement du niveau.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille abandonner des élèves, mais valoriser les métiers techniques, et développer l’alternance, est une obligation.
Et surtout, il faut cesser de confondre égalité et uniformité.
Donner une chaise à tout le monde alors que certains ont besoin d’un établi, est totalement crétin.
Notre pays manque de plombiers, d’électriciens, de mécaniciens, de soudeurs, de cuisiniers, de techniciens, d’artisans et de professionnels dans quantité de secteurs.
Et nous, nous continuons souvent à pousser des jeunes vers des études impossibles pour eux.
L’apprentissage doit être un élément central de la formation des jeunes.
Si nous voulons éviter que certains adolescents passent de l’école à la rue, puis de la rue à la colère, il serait peut-être temps de comprendre qu’un métier, une responsabilité, un salaire, peuvent parfois être infiniment plus éducatifs qu’une année scolaire supplémentaire.
Le véritable scandale est que nous n’ayons toujours pas compris que l’école n’était pas la seule manière de leur apprendre à devenir des adultes.
En apprentissage immédiatement
Rien à faire au lycée