Pour comprendre ce qui se passe, il faut revenir trente-cinq ans en arrière.
Le mur tombe. L'Occident pense avoir gagné l'Histoire. Fukuyama annonce la fin des conflits idéologiques, et une génération de dirigeants européens en tire une conclusion folle : les nations, les frontières, les cultures, tout ça appartient au passé. L'avenir, c'est un grand marché sans visage, géré par des experts, des traités et des commissions que personne n'a élus.
Maastricht en 1992. L'euro. La désindustrialisation assumée, parce qu'on peut tout produire en Chine et que les usines sont ringardes. L'immigration de masse érigée en politique, sans jamais demander l'avis des peuples. Et quand les peuples disent non, comme en 2005 au référendum sur la Constitution européenne, on passe outre et on fait voter la même chose par le Parlement trois ans plus tard.
Pendant ce temps, dans les universités, une autre machine tourne. Une idéologie qui enseigne aux enfants que leur civilisation est coupable, que leur histoire est une honte, que le mérite est une oppression et que l'ordre est une violence. Elle sort des campus, elle colonise les médias, les administrations, les grandes entreprises. C'est ce qu'Elon appelle le woke mind virus.
Le résultat, on l'a sous les yeux. Une classe dirigeante hors sol qui parle à Davos et ne sait plus parler à Lorient. Un État obèse qui prélève tout et ne protège plus rien. Une dette qui explose. Des services publics qui s'effondrent. Et une partie de la jeunesse qui filme en rigolant un pompier en train de brûler.
Voilà l'aboutissement du projet globaliste. Et maintenant, trois issues.
La première, c'est 1984. Le système sent qu'il perd le contrôle, alors il serre la vis. Identité numérique obligatoire, monnaie numérique de banque centrale, censure des réseaux au nom de la lutte contre la désinformation, surveillance algorithmique de chaque échange. On ne règle aucun problème de fond, on interdit simplement d'en parler. C'est la voie que Bruxelles prépare déjà avec le DSA. Un ordre sans liberté.
La deuxième, c'est la libanisation. Le système n'arrive même plus à contrôler. L'État se retire morceau par morceau. Des quartiers entiers passent sous d'autres lois. Les hôpitaux ferment, la police ne vient plus, l'électricité devient incertaine, les communautés s'arment et se replient sur elles-mêmes. Le pays ne meurt pas d'un coup, il se fragmente. Le Liban était la Suisse du Moyen-Orient. Il a suffi de quelques années.
La troisième, c'est le rebond. Le retour de l'ordre. L'Union européenne telle qu'on la connaît se disloque, les nations reprennent leur souveraineté, et vient le temps des comptes. Un Nuremberg du communisme et de tous ceux qui ont mené ce continent dans le mur en toute connaissance de cause.
Et je pense que cette troisième voie est de loin la plus probable. Pour une raison simple que personne ne veut voir.
La France est une puissance nucléaire. Elle a des sous-marins lanceurs d'engins, près de trois cents têtes, un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. Jamais les États-Unis ne laisseront un arsenal pareil tomber dans les mains du chaos intégral. Jamais. Washington peut tolérer une France faible, une France arrogante, une France qui donne des leçons. Il ne tolérera jamais une France libanisée avec la bombe.
Ce qui veut dire que le scénario du chaos total a un plafond. Il y a un point au-delà duquel la plus grande puissance du monde interviendra, d'une manière ou d'une autre, pour que l'ordre revienne. Et l'Amérique d'aujourd'hui n'est plus celle d'Obama. C'est celle qui a décidé de détruire le woke mind virus. Avec Elon, qui réussit tout ce qu'il entreprend. Les fusées réutilisables, les voitures électriques, Starlink, le rachat de Twitter que tout le monde disait impossible. Il ne parle pas, il exécute.
En face, qu'est-ce qu'il y a ? De la fausse intelligence. L'apparence de l'intelligence. Macron en est l'incarnation parfaite : un produit de communication. Retirez-lui ses conseillers, ses éléments de langage, ses mises en scène, et il ne reste personne. Mettez-le devant un tableau blanc avec un vrai problème à résoudre, il ne saurait même pas par où commencer. Un système entier dirigé par des gens qui savent paraître, et plus aucun qui sait faire.
Ce système tient sur l'illusion. Et les illusions finissent toujours par tomber.
Alors oui, j'ai de l'espoir. Je crois que toute cette fraude va s'effondrer. Et je crois que juste après, viendra une renaissance. Celle des bâtisseurs, des ingénieurs, des entrepreneurs, des gens qui se lèvent le matin pour construire. Ceux qui font, pas ceux qui paraissent.
L'Europe s'est déjà relevée de ses cendres. Après Rome, après la peste, après deux guerres mondiales. Elle le refera.
Et cette fois, on sera là pour la reconstruire.