En cette journĂ©e mondiale de la fertilitĂ©, jâai dĂ©cidĂ© de parler d'un sujet qui me tient Ă cĆur.
Ă la fin de mon parcours PMA, j'ai eu recours Ă un examen interdit en France.
Et si je prends la parole sur ce sujet aujourd'hui, c'est pour qu'il soit enfin autorisé.
Quâon Ă©vite aux femmes et aux couples les souffrances inutiles que jâai, comme tant dâautres, subies.
Pendant trois ans, j'ai subi les galĂšres d'un parcours de PMA non-fructueux.
J'ai fait plusieurs fausses couches.
Avec mon conjoint, nous avons fait des tas dâexamens pour savoir ce qui clochait.
Mais ils nâont jamais rien repĂ©rĂ© de particulier.
C'était déstabilisant de rester dans l'incompréhension au lieu d'obtenir des réponses.
Si problÚme particulier il y avait eu, nous aurions pu y remédier.
Mais si tout allait bien, que faire de plus pour conjurer les échecs ?
J'en suis arrivĂ©e Ă un point oĂč je n'Ă©tais mĂȘme plus triste quand le test de grossesse Ă©tait nĂ©gatif Ă la fin dâun cycle PMA.
Parce que je me disais qu'au moins, cette fois-ci, je nâavais pas Ă mâinquiĂ©ter de faire une nouvelle fausse couche.
AprĂšs trois ans de galĂšres et d'injections de toutes sortes, je ne reconnaissais plus mon corps ni mon humeur.
J'avais atteint mes limites.
Et puis un ami â qui ne savait pas pour mon parcours â mâa parlĂ© du sien et de toutes ces femmes Ă qui on transfĂšre des embryons non-viables.
Alors en plein bilan dâĂ©chec dâimplantation, ma mĂ©decin a rĂ©pondu Ă mes questions.
Tous les tests que jâavais faits correspondaient Ă 20% des causes possibles dâĂ©chec.
Et les 80% restantes ?
Elles proviennent des embryons.
Mais en France, on nâa pas le droit dâinvestiguer dans cette direction.
La loi ne le permet pas.
Jâai alors appris l'existence du DPI-A (diagnostic gĂ©nĂ©tique prĂ©implantatoire des aneuploĂŻdies).
C'est un examen qui permet d'identifier les anomalies chromosomiques des embryons Ă 5 jours dâĂ©volution, avant congĂ©lation.
Il permet d'éviter d'implanter des embryons non-viables, et donc de réduire considérablement le risque de fausse couche.
Mais il est malheureusement interdit en France.
J'ai donc été en Belgique pour le réaliser, parce que j'ai la chance d'habiter à cÎté.
Mon autre chance, c'est que j'en avais les moyens (au prix de quelques choix et sacrifices).
Parce que c'est un examen trĂšs cher, qui coĂ»te au moins 10 000⏠avec le cycle FIV dans lequel il faut sâengager.
Et qui nâest donc pas remboursĂ© car fait Ă lâĂ©tranger.
Et ce n'est pas acceptable, car ça signifie que toutes les femmes ne peuvent pas y accéder, loin de là .
MĂȘme pour celles qui peuvent se le permettre, ça peut devenir un gouffre financier.
J'ai rencontrĂ© des femmes qui en sont Ă 80 000⏠de dĂ©penses de DPI-A dans les pays europĂ©ens oĂč c'est autorisĂ©.
Sur les cinq embryons que j'ai fait analyser, trois n'étaient pas viables.
Deux avaient un chromosome en trop.
Un en avant un en moins.
Soit autant de cycles sur lesquels jâaurais dĂ» : me gaver dâhormones, multiplier les examens sanguins et gynĂ©cologiques, grossir, changer dâhumeur, stresser, attendre.
Et qui auraient échoué au moment de l'implantation.
Ou pire, aprÚs le début de la grossesse, ce qui est trÚs dur physiquement, je suis bien placée pour le savoir.
Il se trouve quâau moment dâengager ce DPI-A, jâavais dĂ©cidĂ© de mettre le projet en pause un an.
Besoin de me requinquer physiquement et psychologiquement.
Et que je suis tombée enceinte naturellement quelques semaines plus tard, le soir de Noël.
Les mystĂšres de la vieâŠ
Mais si je parle aujourdâhui, au risque de mâexposer Ă toute une flopĂ©e de commentaires dĂ©sagrĂ©ables, câest que je sais que beaucoup de femmes ont des parcours similaires et se posent les mĂȘmes questions.
Et quâil est temps de faire Ă©voluer la lĂ©gislation.
Je refuse que le DPI-A reste réservé à une minorité informée et qui en a les moyens.
Toutes les femmes, tous les couples doivent pouvoir y avoir accĂšs.
Et je vais me battre dans cette campagne présidentielle pour que la loi change.
Le DPI-A doit ĂȘtre autorisĂ© et accessible financiĂšrement en France.
Dans un cadre bien dĂ©fini, comme c'est le cas dans les pays oĂč il existe.
Une proposition de loi pour autoriser le DPI-A en France vient dâĂȘtre dĂ©posĂ©e Ă lâAssemblĂ©e Ă l'initiative notamment de la dĂ©putĂ©e Ă©cologiste
@LeaBalage, et je la soutiens évidemment pleinement !
On va le faire đ
Pour éviter aux femmes et aux couples qui souhaitent avoir des enfants sous PMA toutes les souffrances que nous sommes tant à avoir subies.