Le narratif avant tout
Il paraît que nous vivons dans une société moderne, évoluée, connectée, éclairée. Une société qui se targue d’être empathique, inclusive, attentive. Pourtant, dès qu’une commission quelconque, qui n’a pas le sceau gouvernemental, invite des citoyens à venir témoigner de leur situation parce qu’ils ont été blessés par une injection, tout ce beau vernis se fissure comme un vieux plancher mal entretenu. On dirait que l’oreille collective souffre d’un trouble étrange : elle n’entend que ce qu’elle veut, et surtout pas ce qui dérange le confort moral du narratif officiel.
Les commissions Allison et l’enquête nationale citoyenne (CeNC) en 2023 ont entendu ces gens. Ils ont été invisibles au grand public, puisque les médias n’en ont jamais parlé. Et ce silence n’est pas seulement médiatique : il est politique. Les politiciens, en pleine campagne électorale, n’ont même pas effleuré le sujet, pour vous dire à quel point ils ont votre santé à cœur. Pas une allusion, pas une question, pas une once de courage. Ils ont préféré parler de leurs mensonges et de leurs fausses promesses, comme si reconnaître l’existence de ces blessés risquait de fissurer leur petit théâtre électoral. Une honte.
Quand des tragédies surviennent à cause d’un produit que des citoyens ont été menacés, intimidés ou culpabilisés de prendre, quand ces mêmes citoyens se retrouvent avec des blessures permanentes qui leur voleront le reste de leur vie, et que les médias comme les politiciens choisissent de détourner le regard, il faut avoir une imagination très fertile pour croire que nous vivons dans un pays, et avec des politiciens, soucieux du bien-être de sa population. Si quelqu’un persiste à croire que tout cela est normal, que tout cela est pour notre bien, disons simplement qu’il vit dans une naïveté tellement profonde qu’elle frôle l’imbécilité.
Le mutisme politicien et médiatique est tellement bruyant qu’il devrait être classé comme nuisance sonore. Les médias, les supposés chiens de garde du peuple, sont devenus les chiens de garde du récit que le gouvernement veut vous faire croire, couchés aux pieds de la montagne de mensonges qu’ils énumèrent en permanence, la langue pendante, prêts à défendre la version officielle comme si leur carrière en dépendait. Et peut‑être que oui, finalement.
Le public, celui hypnotisé par la télé, avale tout sans broncher. Ce que les médias ne montrent pas n’existe pas. Ce qu’ils ne disent pas n’est pas arrivé. Ce qu’ils ne valident pas n’est pas vrai. Une population entière devenue dépendante de la pensée prémâchée, incapable de se forger une thèse personnelle, trop occupée à détester un président américain pendant que leur propre Premier Ministre Carney joue au touriste de luxe avec l’argent public et distribue des milliards à l’Ukraine comme si nous avions des excédents budgétaires et que nous ne savions pas quoi faire avec notre argent.
Une société qui refuse d’entendre ses blessés n’est pas une société. C’est une mise en scène. Une illusion collective. Et derrière cette illusion, il ne reste qu’un peuple qui a oublié ce que signifie écouter.