Pardonnez-moi, mais il y a quelque chose d'obscène à voir des Philémon, des Eustache et autres Elwan du 6ème arrondissement jouer aux porte-parole des lycéens. C'est sympathique de jouer à la révolution, c'est une activité extrascolaire qui change : entre le cours de piano et le séjour linguistique, on bloque un lycée. Le soir, quand ils rentreront, il y aura un risotto aux cèpes, et papa dira : « À ton âge, j'étais pareil, fiston » (alors oui, il l'était. Il est aujourd'hui associé dans un cabinet d'avocats). Pour eux, ce n'est pas grave. Le lycée ferme 3 semaines ? Il y a le prof particulier à 80 euros l'heure. Le bac ne vaut plus rien ? Il y a la prépa privée, pardi. Le marché du travail se ferme ? Il y a le stage chez un ami de la famille. Ils auront toujours le filet de papa et maman. La bourgeoisie a toujours fait ça : prêter sa radicalité aux gentils pauvres, et leur laisser la facture. Quand on a l'escalier de service, on peut casser l'ascenseur des autres, après tout. C'est la récupération qui me dégoûte le plus, je crois.
"On voit la volonté de gagner du temps, de ne pas nous écouter", réagit Philémon, lycéen et responsable fédéral de l'Union Syndicale Lycéenne à propos de l'allocution de Sébastien Lecornu
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