🔴 ON EST EN TRAIN DE DÉTRUIRE LE JOYAU DE L'EUROPE : AIRBUS.
2017Macron et Merkel lancent ensemble nos grands programmes de défense. Neuf ans plus tard, voici le bilan.
Hélicoptère Tigre : Berlin s'en va. Il achète des H145M malgré l'avis défavorable de ses propres experts.
Patrouille maritime : Berlin s'en va. La France lui propose quatre Atlantique 2 pour assurer la transition. Refusé. Il achète le P-8 de Boeing.
Avion de combat : on applique au SCAF la règle du « best athlete », selon laquelle le plus compétent dirige. Ce sera Dassault. Il fait des avions de combat depuis des décennies et sait les exporter. Le Rafale, c'est Dassault et plus de 500 entreprises françaises, un cahier des charges rempli, sans dérive industrielle. Les 36 Rafale vendus à l'Inde ont été livrés dans les temps. Berlin conteste ce leadership pendant des années. En octobre, la France annonce qu'elle fera seule son avion de combat.
Maintenant, Airbus.
L'A320 est la machine à cash du groupe. En 2025, les avions commerciaux ont rapporté 5,5 des 7,1 milliards d'euros de résultat. Son successeur décidera de l'avenir d'Airbus.
En juin, Friedrich Merz a demandé que le développement de ce futur avion soit piloté depuis Hambourg. Sa ministre de l'Économie réclame une « part équitable ».
Toulouse a dirigé le développement des Airbus, de l'A320 à l'A350. La commande de vol électrique y est née, avec tout le succès qu'on lui connaît. À la création d'Airbus, c'est la France qui dirigeait l'ingénierie.
On rejoue le scénario du SCAF sur l'avion qui fait vivre Airbus. On constate, on ne dit rien, j'ai mal au cœur.
En 1970, Airbus est né d'un principe simple : chacun fabrique ce qu'il sait le mieux faire. Est-ce que ça va tenir face à l'appétit dévorant et à la stratégie catastrophique de Berlin, et face à l'apathie de nos gouvernants, qui ne font rien ?
🔴 Alerte.
Le dernier verrou français d’Airbus a désormais une date d’expiration.
On me répondait souvent : tant que Faury tient, Airbus tiendra. Même Faury n’est plus assuré de tenir.
Selon Reuters, la décision sur son avenir, renouvellement ou succession, est attendue en 2027, et le conseil pourrait s’en saisir dès avril. Le favori s’appelle Lars Wagner : ancien patron de MTU à Munich, propulsé en janvier à la tête des avions commerciaux plus tôt que prévu. Reuters le présente comme l’héritier présumé.
Faites le compte.
Finances : un Allemand.
Ressources humaines : une Allemande, qui a remplacé un Français.
Avions commerciaux : un Allemand, qui a remplacé un dirigeant élevé à Toulouse.
Défense : un Allemand, qui préside aussi le lobby aéronautique allemand.
Restait la stratégie. Elle a été confiée en mai à un consultant venu de Roland Berger, avec pour mission, selon Airbus, de « mettre en œuvre la feuille de route de long terme ». Mettre en œuvre.
Restait donc Faury.
S’il part, le groupe qui incarnait la coopération franco-allemande sera dirigé, de la finance à la défense en passant par la présidence exécutive, par des Allemands. Et personne n’aura eu à le décider : depuis 2013, les États n’ont plus la main sur les nominations.
Au même moment, Reuters place la gestion des ressources humaines du groupe « under scrutiny ». En cause, la grève espagnole, considérée comme la plus longue de l’histoire d’Airbus : un conflit qui a fait boule de neige, porté par une main-d’œuvre majoritairement jeune, excédée par les mesures d’efficacité et le retour imposé sur site.
Un équilibre né en 1970 est en train de s’éteindre. Sans débat, sans vote, et presque sans témoin.
Reuters :« Airbus board appointments herald CEO decision next year, sources say » - 2 octobre 2026