L’union des droites, version française : un concept aussi réaliste que l’arrivée à l’heure du RER B.
Sardoche a raison sur le fond. Lisnard, Knafo, Retailleau, Ciotti : 90 % de programmes communs sur l’immigration, l’école, l’énergie, le travail, l’autorité.
Les Français qui se lèvent le matin et paient des impôts sont déjà d’accord.
Le diagnostic est bon.
Le problème, c’est pas le diagnostic. C’est le patient.
La droite française n’est pas seulement divisée. C’est un sport national, un art de vivre, presque une tradition patrimoniale. On a élevé l’ego au rang de doctrine. On préfère être le chef d’un parti à 8 % que le numéro 2 d’un camp à 40 %. On appelle ça « l’indépendance d’esprit ».
En réalité, c’est juste de l’orgueil mal placé avec un costume.
Chacun a son rôle dans la pièce :
• L’un veut être le libéral respectable qui rassure le Medef et Le Figaro.
• L’autre veut être l’intellectuelle identitaire qui fait des phrases dans les dîners.
• Le troisième joue au grand homme d’État sérieux qui « assume » tout en ne cassant rien.
• Le dernier survit depuis vingt ans en changeant de casquette selon le vent.
Résultat : ils passent plus de temps à s’expliquer pourquoi l’autre n’est pas assez pur, assez intelligent, assez « de droite » qu’à parler aux électeurs.
Pendant ce temps, ceux qui n’ont aucun scrupule à s’allier entre eux (même quand ils se détestent) gagnent. Parce qu’eux, au moins, ils ont compris que le pouvoir, ça se prend, ça ne se théorise pas.
On a la droite la plus bête du monde, oui. Pas parce qu’elle a de mauvaises idées. Parce qu’elle est incapable de les appliquer ensemble plus de trois semaines sans que quelqu’un sorte un communiqué pour expliquer que « ce n’est plus possible » à cause d’une phrase, d’un regard ou d’un placement sur une photo.
C’est un cas d’école. On pourrait l’enseigner en science politique : comment un camp qui représente une majorité sociologique réussit à se suicider par vanité, cycle après cycle, depuis des décennies.
L’union des droites en France, c’est le monstre du Loch Ness. Tout le monde en parle, personne ne l’a jamais vu, et celui qui propose de le chercher se fait traiter de naïf par les autres chasseurs de monstres.
Le rêve est beau, il est même juste. Mais tant que le premier réflexe de chacun sera de sortir sa petite différence plutôt que de fermer sa gueule et de gagner, ça restera un doux rêve.
Et les Français qui travaillent continueront de regarder ça avec le même mélange de lassitude et de mépris que d’habitude.
Réveillez-vous, oui. Mais réveillez-vous les uns les autres, pas chacun dans votre coin en vous regardant dans le miroir.
À bon entendeur.
Bon allez, on arrête les bêtises et on fait une vraie union des droites :
Lisnard
@davidlisnard
Knafo
@knafo_sarah
Retailleau
@BrunoRetailleau
Ciotti
@eciotti
Vous avez 90% de vos programmes en commun, c’est les 90% qui mettent d’accord tous les français qui votent et qui travaillent.
Vous rêvez à un objectif et une France légèrement différente alors qu’il faut penser en direction.
Votre direction est la même pour tout ces sujets et vous n’aurez jamais assez d’un mandat pour dépasser l’objectif de qui que ce soit :
- libéralisme
- immigration
- éducation
- énergie
- IA
Comment pouvez-vous pensez un seul instant qu’un tel ralliement ne puisse pas déferler sur les médias et accaparer l’opinion des français en un temps record ?
Les guerres d’ego ont suffisamment atomiser notre scène politique et favoriser le laxisme et le statut quo.
Les français ont besoin de politiciens qui sont d’accord entre eux, et qui sont d’accord avec les français.
Réveillez-vous.