Regardez bien cette photo.
1933 : on brûle les livres « non-allemands ».
2026 : on les met en cartons Instagrammables à Montparnasse. Le feu a juste changé de logo.
Mai 1933, les autodafés nazis. Étudiants, SA, foule, livres jugés « undeutsch » (juifs, marxistes, « décadents ») jetés au bûcher. Le résultat revendiqué : purger l’espace public de ce qui corrompt le peuple.
Aujourd’hui, gare Montparnasse, 6 novembre 2026 : une trentaine de militants d’Alternatiba et ANV-Cop 21 vident en quelques minutes les présentoirs du point presse Le Relay.
Des Quotidiens, des magazines, une partie des étals dans une vingtaine de cartons de déménagement.
Des Rubans « scène de crime climatique », banderoles « Relay désinforme / SNCF Castex complices » et « la propagande d’extrême droite tue ». Ils repartent à l’arrivée de la sécurité. Action « symbolique » pour dénoncer le « monopole » de certain et la surreprésentation alléguée de titres jugés « d’extrême droite ».
Le geste est le même : décider ce qui a le droit d’être visible et le retirer de force parce qu’on le juge dangereux.
Hier le feu, aujourd’hui le carton kraft et la story Instagram.
Hier on invoquait « la pureté raciale » et la lutte contre la « littérature juive », aujourd’hui le climat et la lutte contre la « propagande d’extrême droite ».
Le critère change, la prétention à savoir ce que le public a le droit de voir reste.
Et le détail qui fâche : certains ont vu Le Monde rejoindre les cartons. Quand on purge au nom de la lutte contre la désinformation, on finit toujours par élargir la liste. Les nazis aussi ont commencé par les « pires » et ont continué.
La différence n’est pas morale, elle est esthétique : le bûcher faisait peur, le déménagement fait « militant cool » et se partage mieux.
Le résultat revendiqué est identique : La seule vraie différence, c’est que les uns le faisaient ouvertement au nom de la dictature, et les autres le font au nom de la vertu démocratique.