Le Québec a obtenu des ententes asymétriques en santé, des pouvoirs importants en immigration et la reconnaissance de la nation québécoise par la Chambre des communes. Ce sont des gains réels, obtenus à l’intérieur du Canada.
On a obtenu une voix québécoise à l’UNESCO, notre place comme gouvernement membre de la Francophonie et des avancées importantes en 2007 pour corriger le déséquilibre fiscal. Ces résultats méritent mieux que d’être balayés du revers de la main chaque fois qu’une négociation devient difficile.
Et la liste continue : notre propre Régime de rentes du Québec, notre Régime québécois d’assurance parentale, l’entente sur la formation de la main-d’œuvre. Des décisions prises ici, des programmes conçus ici, selon nos priorités.
Ces gains portent la signature de gouvernements de différentes couleurs. Même un gouvernement souverainiste, celui de Lucien Bouchard, a su négocier avec Ottawa pour obtenir l’entente sur la main-d’œuvre. Alors oui, faire avancer le Québec dans le Canada, c’est possible.
Personne ne prétend que toutes nos demandes ont été satisfaites. Mais ne pas avoir tout obtenu, ce n’est pas n’avoir rien obtenu. Et les refus d’hier ne décident pas des victoires de demain.
C’est facile de dire : « Ça ne marche pas, je veux le divorce. » Mais il faut aussi de la conviction pour tenir son bout, revenir à la charge et continuer à défendre les intérêts du Québec.
D’ailleurs, je leur retourne la question : si votre prochain référendum ne passe pas, vous allez faire quoi? Continuer à défendre vos convictions? Persévérer?
Alors pourquoi la persévérance serait-elle une vertu chez eux et un défaut chez nous?
Les souverainistes s’amusent souvent à dire aux autonomistes : « Oui, mais qu’allez-vous faire si ça ne marche pas ? Un référendum ? » Or, l’argument se retourne à 100 % contre eux : que fait le PQ lorsque le référendum est impossible ou perdu ?
Il gouverne en autonomiste.
C’est ce qu’a fait le PQ de 1980 à 1985, de 1996 à 2001, de 2012 à 2014 et possiblement dans le prochain mandat.