Réplique à Pierre Boucher qui qualifie d'infantile la stratégie de la chaise vide du premier ministre du Québec :
M. Boucher véhicule ici une idée fausse selon laquelle assister à ce sommet Canada 🇨🇦-🇪🇺 Union européenne, peu importe le statut qu'on y occupe, équivaudrait à défendre les intérêts du Québec.
M. Boucher confond ici le fait de faire de la figuration protocolaire avec l'exercice réel du pouvoir.
👉D’abord, la politique très gaullienne de la chaise vide de Paul St-Pierre Plamondon s’inscrit parfaitement dans la logique de la doctrine Gérin-Lajoie qui repose justement sur le refus de la rétrogradation diplomatique.
Le refus d’offrir un temps de parole officiel au représentant de la nation québécoise sur son propre sol n’est pas un « détail protocolaire fédéral rigide », c’est une tentative de réduire délibérément le représentant de la nation québécoise au rang de simple spectateur ou de figurant. C’est un symbole d’asservissement et en politique, les symboles sont très, très, très importants.
Accepter de jouer les figurants serait le pire signal que le premier ministre du Québec pourrait envoyer en prévision de toutes les négociations futures.
👉Ensuite, l’idée selon laquelle le gouvernement du Québec devrait « faire valoir la voix des Québécois dans les corridors diplomatiques et lors des rencontres bilatérales informelles » est une posture de né pour un petit pain qui ne peut en aucun cas être prise au sérieux par les dirigeants des autres nations du monde.
Pour négocier, il faut être investi d’une autorité formelle. On sourit poliment et on échange quelques mots bienveillants avec un figurant, mais en aucun cas on ne négocie avec lui, car il n’est investi d’aucune autorité pour ce faire et ne dispose d’aucun pouvoir de décision sur le dénouement des négociations.
Jouer le rôle de spectateur muet qui quémande dans les corridors des discussions informels sur son propre sol constituerait une humiliation pour le représentant de la nation québécoise, et donc une humiliation pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois.
👉De plus, contrairement à ce que M. Boucher prétend, la crédibilité internationale du Québec sortira considérablement renforcée par cette position claire, courageuse et cohérente d’un premier ministre qui envoie le signal fort que la défense des intérêts du Québec relève de sa responsabilité.
Accepter de jouer le rôle de figurant aurait détruit la crédibilité du gouvernement du Québec en envoyant aux partenaires internationaux l’image d’un gouvernement provincial faible, sans autorité et incapable de défendre les intérêts de la nation québécoise sur son propre sol.
👉Enfin, prétendre que la stratégie de Paul St-Pierre Plamondon reposerait sur « l'isolement, la frustration et le repli identitaire », c’est faire la démonstration d’un cruel manque de hauteur de vue, en plus de verser dans l’habituel étiquetage politique fédéraliste par l’utilisation de mots-épouvantails pour diaboliser les indépendantistes.
Pour Paul St-Pierre Plamondon, refuser de jouer les figurants permet de forcer le débat démocratique sur la place des Québécoises et des Québécois au sein de la fédération canadien et plus largement dans l’ordre international du XXIe siècle (à la table ou au menu ?), de mettre au premier plan les intérêts du Québec, de dénoncer la tutelle paternaliste et anachronique d’Ottawa sur la nation québécoise et, bien sûr, d’envoyer à l’international le message que le gouvernement du Québec compte désormais se faire respecter, et pour se faire respecter dans le monde entier, il faut commencer par se faire respecter chez soi.
Ça faisait longtemps que la nation québécoise n'avait pas été aussi bien représentée.