Ălections QuĂ©bec : De la salle de presse au lit dâhĂŽpital : quelques vĂ©ritĂ©s sur lâimmigration
đŁïžDans un exercice linguistique intĂ©ressant, RDI a compilĂ© les mots que les chefs utilisent plus que leurs adversaires depuis 5 mois. Voici le mot prĂ©fĂ©rĂ© de chaque chef de parti :
PQ : Immigration
PLQ : Santé
CAQ : Entreprises
PCQ : Taxes
QS : Femmes
Le PQ menant dans les sondages et se dirigeant probablement vers une victoire (avec seulement 30 % des voix), attardons-nous sur son cas.
Le mot qui revient le plus aux lĂšvres de PSPP : Immigration !
« Le choix des mots trahit souvent l'intention, mĂȘme quand le discours cherche Ă la masquer. » â Jean-Paul Sartre
đ«đ·Ă travers la sagesse du philosophe français â Freud pensait comme lui : « les mots traduisent fidĂšlement nos secrets les plus enfouis, mĂȘme lorsque nous essayons de les utiliser pour mentir » â nous pouvons dĂ©duire que lâimmigration est le souci principal du futur chef dâĂtat, et quâelle peut servir de bouc Ă©missaire Ă tous les problĂšmes qui affligent le QuĂ©bec, de « mĂšre de tous les maux », de la santĂ© au logement, en passant par lâĂ©ducation.
Or, il est facile de dĂ©montrer que lâimmigration nâest pas le noeud du problĂšme de la mauvaise gestion de lâĂtat quĂ©bĂ©cois.
đŠJournaliste Ă©conomique pour TVA et la chaĂźne Argent, autour de 2010, j'ai fait partie d'une sĂ©rie de reportages dans la sĂ©rie :« QuĂ©bec dans le rouge ».
Quâanalysions-nous ? Un dĂ©ficit historique de 3,9 milliards de dollars, une dette brute reprĂ©sentant 53,2 % de notre PIB, et un service de la dette si lourd qu'il comptait comme troisiĂšme poste budgĂ©taire, devant le financement des universitĂ©s!
Nous constations les mĂȘmes difficultĂ©s et enjeux quâen 2026 : des urgences au bord de lâabĂźme, une bureaucratie tentaculaire plombant chaque dĂ©cision, un vieillissement de la population qui rĂ©duisait la capacitĂ© de lâĂtat de capter des revenus sous forme dâimpĂŽts et augmentait ses dĂ©penses.
Bref, des finances publiques dangereusement... dans le rouge !
Pourtant, les seuils dâimmigration dâil y a 15 ans nâavaient rien Ă voir avec ceux dâaujourdâhui.
Lâargument de PSPP se heurte donc et aux faits et Ă la logique.
Une succession de gouvernements â de toutes allĂ©geances politiques â ont failli depuis au test des finances publiques et de la saine gestion de lâĂtat.
VoilĂ tout.
đ„ Outre la vĂ©ritĂ© mathĂ©matique, je soumets Ă PSPP celle â dure et impitoyable â du terrain.
Ă la suite de plusieurs graves chirurgies ces deux derniĂšres annĂ©es, jâai dĂ» passer de longs mois hospitalisĂ©e.
Aux soins intensifs comme sur les Ă©tages, le QuĂ©bec qui a veillĂ© sur moi, jour et nuit, me gardant en vie, provenait presque tous de lâimmigration. Ce sont ces visages issus dâailleurs , la France comme lâAfrique, les CaraĂŻbes et lâAmĂ©rique Latineâ cet ailleurs dont a si peur le PQ â qui, au cĆur de la nuit, rĂ©pondaient Ă mon bouton dâalarme ou Ă mes cris. La chef du lâunitĂ© post- opĂ©ratoire mâa confiĂ© que mĂȘme avec leur apport, il y avait pĂ©nurie...
Alors PSPP, quand vous dites que le rĂ©gime fĂ©dĂ©ral pose une « menace existentielle » et que les politiques d'immigration actuelles « ne laissent aucun avenir viable pour le QuĂ©bec », moi, je vous oppose ceci : câest au contraire la survie mĂȘme des QuĂ©bĂ©cois que vous risquez en rĂ©duisant lâimmigration et en la couvrant de votre opprobre.
Qui veillera sur les malades â comme moi â quand ils tomberont en bas de leur lit â leurs jambes dysfonctionnelles et atrophiĂ©es dâĂȘtre immobiles â, perdront leur masque respiratoire, vital Ă leur survie, dĂ©buteront une fiĂšvre qui peut leur ĂȘtre fatale ?
Vous ? Les dĂ©putĂ©s du PQ ? Des QuĂ©bĂ©cois « de souche » en nombre insuffisant ? Cette pyramide dĂ©mographique inversĂ©e ne se renversera pas. Elle sâaccentuera.
đImmigration. Votre mot prĂ©fĂ©rĂ©, votre solution pour tout.
Entre abolir la monarchie et identifier lâimmigration comme les racines du mal de lâĂtat quĂ©bĂ©cois, quand vous attaquerez-vous Ă ses vrais problĂšmes ? Une bureaucratie trop lourde, un manque de productivitĂ© chronique et un endettement qui le place dâannĂ©e en annĂ©e dans le top 3 des provinces canadiennes ?
Le Québec, le savez-vous, se trouve en deçà de la moyenne canadienne dans tous les indicateurs de performance économiques pertinents, sauf un : le taux de chÎmage.
Et, cher PSPP, savez-vous pourquoi nous sommes, pour une fois, meilleurs que les autres ?
Car le marchĂ© du travail quĂ©bĂ©cois se trouve dans une telle PĂNURIE, en telle carence de travailleurs pour, que le taux de chĂŽmage est plus faible que la moyenne du pays.
Et vous, vous voulez creuser cette pĂ©nurie en empĂȘchant lâimmigration ?
Faire la souverainetĂ©, dĂ©cidĂ©ment, cela exige un acte de foi :  par-delĂ la logique, les faits et, pire, par-delĂ ce dont le QuĂ©bec a besoin pour survivre â survivre, littĂ©ralement.
Jâen suis la preuve, moi qui vous Ă©cris.
#cdnpoli @PaulPlamondon #polqc