C'est ici, il y a trois ans, que le Hamas perpétra le pire massacre antisémite depuis la Shoah. Plus de 1200 personnes perdirent la vie dans ces actes terroristes barbares, parmi lesquelles 51 ressortissants français.
Dans les kibboutz de Beâeri, de Kfar Aza, de Zikim, de Nir Oz, des familles entiĂšres furent dĂ©cimĂ©es. Dans les rues de SdĂ©rot, des innocents sauvagement abattus. Sur le site du festival Nova, la jeunesse insouciante assassinĂ©e.
Autant de destins tragiques à l'image de celui de Vivian Silver, éminente figure du camp de la paix, tuée de sang froid par le Hamas alors qu'elle avait consacré l'intégralité de sa vie à la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens.
Face Ă l'atrocitĂ© du mal, il y eut aussi, ce matin-lĂ , la simplicitĂ© du bien, le courage de ces femmes et de ces hommes ordinaires et justes qui rĂ©sistĂšrent Ă lâarbitraire de la violence et de la haine et donnĂšrent leur vie pour que dâautres puissent sauver la leur.
Il y eut Liel Itach, citoyen français de 22 ans qui décida d'attirer sur lui le feu des terroristes pour que ses amis puissent vivre.
Il y eut Bar Zohar, citoyenne française de 23 ans qui renonça à sauver sa vie pour porter secours à ses proches et qui fut, elle aussi, abattue par le Hamas.
Tous deux consentirent pour les autres au sacrifice suprĂȘme. Ils moururent en rĂ©sistants. Ce jour-lĂ , Liel et Bar furent l'honneur de la France.
Au moment oĂč nous commĂ©morons cet attentat abominable, qui a blessĂ© le peuple israĂ©lien et tous les juifs dans leur chair et laissĂ© un traumatisme qu'il est interdit de relativiser, nous nous inclinons devant le courage de toutes celles et ceux qui se sont levĂ©s contre la folie antisĂ©mite, devant l'humanitĂ© irrĂ©ductible de tous nos enfants assassinĂ©s.
Avant de revenir en ce sanctuaire oĂč eut lieu le Festival Nova, j'ai Ă©changĂ© ce matin avec le cercle des familles endeuillĂ©es qui mettent leur humanitĂ© au service de la paix et de la rĂ©conciliation. Je me suis rendu sur la place des otages. J'ai visitĂ© les kiboutz Beâeri et Nir Oz et rencontrĂ© lĂ -bas les familles des victimes françaises tombĂ©es sous le feu de terroristes.
Nous ne laisserons pas leurs noms ĂȘtre effacĂ©s. C'est la raison pour laquelle le PrĂ©sident de la RĂ©publique a voulu qu'un hommage national leur soit rendu le 7 fĂ©vrier 2024. C'est pourquoi je me tenais ici mĂȘme il y a deux ans aux cotĂ©s des familles francaises endeuillĂ©es.
Alors que nos sociĂ©tĂ©s sont confrontĂ©es au retour d'un antisĂ©mitisme desinhibĂ©, nous ne laisserons pas ce poison se diffuser au sein de la RĂ©publique. Tout dans lâĂąme de la France rejette l'antisĂ©mitisme et la haine de lâautre.
Alors que le Hamas a voulu ce jour-lĂ tuer la possibilitĂ© mĂȘme de la coexistence, nous continuerons inlassablement Ă agir pour une paix juste et durable entre IsraĂ©liens et Palestiniens.
Tous les rĂ©cits que nous avons entendus aujourd'hui nous enseignent, pour reprendre les mots de Vassili Grossman, que lâhistoire des hommes n'est pas le combat du bien cherchant Ă vaincre le mal. L'histoire de l'homme c'est le combat du mal cherchant Ă Ă©craser la minuscule graine d'humanitĂ©. Mais si mĂȘme maintenant l'humain n'a pas Ă©tĂ© tuĂ© en l'homme, alors jamais le mal ne vaincra.