PSPP VEUT PRÉPARER UN PAYS, PENDANT CE TEMPS, LE QUÉBEC COULE
Paul St-Pierre Plamondon vient à peine de s’asseoir dans le siège du premier ministre qu’il a déjà confié à sa vice-première ministre, Catherine Gentilcore, la nouvelle femme forte de l'Évangile péquiste, le dossier de l’accession à l’indépendance.
Le PQ est indépendantiste, c'est une partie prenante de son ADN et personne ne peut lui reprocher de pousser une conviction qu’il n’a jamais cachée, enfin, pas ce groupe-là de péquistes.
Mais, la vraie question, est-ce vraiment ça la priorité du monde en ce moment ?
On ne parle pas d’un ministère tout neuf avec un budget affiché et une armée de fonctionnaires dédiée.
C’est une responsabilité ministérielle, une nuance qui s'impose, pas un ministère.
Combien d’argent public le PQ va mettre là-dedans ?
Ce qu'on sait, c'est que le 11 septembre 2026, pendant la campagne électorale, il a dévoilé une estimation de 130 millions de dollars pour préparer et organiser un référendum sur l'indépendance.
Mais, pendant qu’on se prépare à bâtir un pays hypothétique, il y a un Québec bien réel qui attend qu’on s’occupe de lui.
Ce Québec-là n’a pas le temps d’attendre un référendum.
En santé, plus de 900 000 demandes de consultation chez un spécialiste sont en attente.
Pas moins de 200 000 patients attendent depuis plus de deux ans et du monde cherche encore désespérément un médecin de famille.
La pénurie est estimée à environ 2 000 omnipraticiens.
Les urgences débordent, les infirmières sont à bout et on a déjà englouti des milliards dans des réformes et des structures administratives.
Résultat pour le patient sur une civière ?
Rien du tout.
PSPP promet maintenant d’abolir Santé Québec, cette structure que Legault nous vendait comme la solution.
Abolir une structure, ça fait apparaître des médecins de famille ?
Ça réduit les listes d’attente ? Ça désengorge les urgences ? Ça améliore les conditions des infirmières ?
Si le patient attend toujours aussi longtemps, on a gagné quoi, exactement ?
Combien va coûter la prochaine réorganisation ?
Surtout qu'il pourrait remplacer Santé Québec par une autre structure et que PSPP a lui-même reconnu qu'il y aurait des coûts de transition, sans jamais nous en donner le montant précis.
Les Québécois veulent des résultats.
N'oubliez pas Statistique Canada qui vient de nous rappeler que le Québec a perdu 49 000 emplois en septembre seulement.
Depuis janvier, c’est environ 130 000 emplois de moins, du vrai monde.
Les entreprises naviguent avec les tarifs américains, les contre-tarifs canadiens, les coûts d’exploitation et l’incertitude. Nos PME n’ont pas besoin d’un autre beau discours sur le pays qui trotte dans la tête de PSPP, elles ont besoin de conditions pour survivre, investir et embaucher.
Le coût de la vie et le logement.
Les familles regardent leurs factures d’épicerie avec découragement.
L’essence gruge les budgets, une essence qui a d'ailleurs augmenté de 69 % depuis 2020 au Québec.
Les taxes municipales qui, à Québec seulement, pour une résidence moyenne, ont augmenté de 13,4 % en cumulant les hausses de 2022 à 2026.
Les loyers moyens qui ont augmenté d'environ 32,4 % entre 2020 et 2024.
Les hypothèques ?
Pour plusieurs, ils ont vu leurs versements hypothécaires grimper au renouvellement.
Pour une hypothèque de 300 000 $, passer d'un taux de 2 % à 5 %, c'est près de 475 $ de plus chaque mois, à conditions comparables.
Tout ça sans oublier nos jeunes travailleurs qui n’arrivent pas à acheter leur première maison.
Nos aînés qui, eux, doivent parfois choisir entre rester dans leur logement ou absorber de nouvelles hausses.
Dans nos rues, l’itinérance est devenue impossible à ignorer.
Le dernier dénombrement de 2025 estimait plus de 12 000 personnes en situation d’itinérance visible, une hausse d’environ 20 % par rapport à 2022.
Des campements apparaissent, les organismes sont débordés, les municipalités réclament des solutions.
Sur ce point, il faut reconnaître une chose à PSPP : il a annoncé son intention d’y consacrer des ressources (il a parlé d’un milliard pour réduire l’itinérance de moitié d’ici 2030) et a choisi d’en assumer personnellement la responsabilité.
C’est un engagement qui mérite d’être souligné.
Il faudra voir les résultats concrets, car prendre un dossier en main personnellement, c’est aussi accepter d’être jugé personnellement sur les résultats.
N'oubliez pas nos écoles qui sont vieillissantes, nos enseignants épuisés, nos infrastructures défoncées, nos routes, ponts, aqueducs, projets publics dont les coûts explosent.
Les finances publiques ?
Le Québec traîne une dette nette d’environ 250 milliards de dollars, autour de 38-39 % du PIB.
Avant de financer de nouvelles ambitions, faudrait savoir comment on paie celles qui sont déjà sur la table.
J'ai même pas parlé de la bureaucratie, des ratés informatiques et des délais administratifs.
Voilà le Québec dont PSPP vient d’hériter.
Un Québec très amoché, on va se le dire, une province dans un état lamentable.
Gouverner, c’est établir des priorités.
C’est choisir où mettre les ressources, le temps et l’énergie de l’État.
PSPP dirige un gouvernement minoritaire et va devoir convaincre les oppositions pour avancer.
Avant de nous présenter les plans d’un éventuel pays, il faut redresser les services publics, soutenir l’économie et remettre de l'ordre dans la cabane.
Les Québécois ne peuvent pas attendre un référendum pour que leur quotidien s’améliore.
Pour vendre une maison, faut montrer qu'elle n'est pas déjà une soue à cochons.
Ça se construit aussi avec une économie qui tourne, des finances sous contrôle, des écoles qui fonctionnent et un système de santé capable de soigner sa population.
Si PSPP veut un jour convaincre les Québécois de lui confier les destinées d’un pays indépendant, il devra leur prouver qu’il est capable de faire le ménage.
Avant de vouloir bâtir un pays, il faudra démontrer qu'il est capable de gérer une province..
Bonne chance !!
Oui oui, laissons la « chance » au coureur, il va en avoir besoin !!