On est rendus là.
À négocier publiquement les dates, les heures et les endroits où deux premiers ministres pourraient se rencontrer.
C’est à ça que la relation entre Québec et Ottawa est rendue.
Selon les informations qui m’ont été transmises, Mark Carney a proposé trois possibilités à Paul Saint-Pierre Plamondon.
Le lundi 9 novembre, dans la région d’Ottawa et de Gatineau.
Le mardi 10 novembre, dans le Grand Montréal.
Ou le vendredi 20 novembre, dans la région d’Ottawa et de Gatineau.
Et pour comprendre ces propositions, il faut regarder l’agenda du premier ministre du Canada.
Selon l’horaire qui m’a été transmis, il est à Antigua ce soir et demain.
Il revient à Ottawa mercredi, à trois heures du matin.
Jeudi, c’est le budget fédéral.
La semaine suivante, il propose donc une rencontre le lundi 9 ou le mardi 10, avant de repartir le 11 novembre.
Et là, les engagements internationaux s’enchaînent.
Les 11 et 12 novembre, le sommet de la Communauté politique européenne, en Irlande.
Du 13 au 15, le sommet de l’ASEAN, aux Philippines.
Les 15 et 16, la Francophonie, au Cambodge.
Puis, du 17 au 19, l’APEC, en Chine.
Retour prévu le 19 novembre.
Et dès le lendemain, le vendredi 20, une autre disponibilité est proposée à Paul Saint-Pierre Plamondon.
Alors, oui, l’agenda est chargé.
Mais il y a des disponibilités.
Normalement, ce travail se fait entre les cabinets.
On s’appelle. On compare les horaires. On trouve un endroit. On confirme une rencontre.
On ne devrait pas avoir besoin d’un débat public pour organiser un rendez-vous entre deux premiers ministres.
Le plus préoccupant, c’est ce que ça révèle de leur relation.
Si fixer une rencontre devient aussi compliqué, imaginez la suite lorsqu’il faudra régler les dossiers difficiles.
Les Québécois veulent savoir ce qui va sortir de cette rencontre.
Encore faudrait-il commencer par la tenir.