Sur l'annulation de la dette francaise detenue par la BCE.
C'est un vieil argument qui ressort regulierement et qui est simplement faux, malgre ce que dit
@MPigasse.
Contrairement a ce qu'il dit (ce qu'il pense?), annuler la dette francaise detenue par la BCE n'aurait aucun effet.
Il y a quelques annees, j'avais eu la meme discussion dans une audience au Senat. Je me permets de la repeter:
" La seconde question, sur laquelle je ne suis pas d'accord avec Jézabel Couppey-Soubeyran, est l'annulation de la dette.
Il faut procéder par étape. En general, bien sur, l'annulation d'une partie de la dette aurait des implications majeures pour les crediteurs, et par implication, pour le systeme financier.
Mais ce dont on parle ici, c'est uniquement l'annulation de la dette détenue par la BCE. Et là , je suis totalement perdu par le débat : certains disent que c'est bien, d'autres que c'est mal ; moi, je dis que cela ne change rien ! C'est un point fondamental que j'expliquerai en deux temps.
Imaginons tout d'abord que la Banque de France dĂ©tienne des obligations du TrĂ©sor et dĂ©cide d'annuler cette dette et les intĂ©rĂȘts qui y sont affĂ©rents. Cela aboutit Ă une diminution des profits de la Banque de France qui ne touche plus les interets sur la dette, et donc a une diminution des transferts de la Banque de France au Tresor. Cette diminution des transferts correspond exactement Ă la diminution initiale des intĂ©rĂȘts payes par le Tresor a la Banque de France. Par consĂ©quent, du point de vue des revenus nets de l'Etat, c'est zĂ©ro ! C'est une simple question d'arithmĂ©tique.
C'est un peu plus compliquĂ© dans le cas de la BCE. En effet, si elle dĂ©cidait d'annuler la dette française et que cela diminuait ses profits globaux, l'Allemagne et d'autres pays en feraient partiellement les frais. Cela Ă©tant politiquement impossible, la BCE serait contrainte de diminuer la dette de tous les pays dans les mĂȘmes proportions, et on en revient alors au mĂȘme argument que j'ai avancĂ© prĂ©cĂ©demment. Effet nul.
Il faut arrĂȘter cette discussion « idiote », si je puis dire - JĂ©zabel Couppey-Soubeyran me pardonnera ce terme."
Je rajouterai: Au pire, il peut amener certains partis a defendre des positions erronees et faire de fausses promesses.
On nous rĂ©pĂšte que la dette serait un mur infranchissable et quâil nây aurait pas de marges de manĆuvre.
Câest faux.
La BCE dĂ©tient environ 20 % de la dette française. Cette dette peut ĂȘtre annulĂ©e. Sans coĂ»t financier.
Pendant le Covid, ce qui était prétendument impossible est devenu possible : des centaines de milliards ont été mobilisés.
La leçon est simple : il nây a pas de contrainte Ă©conomique, il nây a que des choix politiques.
Quand on veut, on peut.
Une autre politique est possible.