Pangram a classé « 100% humain » un texte dont je n'ai pas écrit une ligne (mais pas sans effort).
C'est le dĂ©tecteur qui sert depuis hier Ă accuser ThĂ©lyson OrĂ©lien, Prix du Roman Fnac 2026, d'avoir fait Ă©crire son roman par une IA. Un compte anonyme, « Balance ton Claude », a testĂ© vingt passages, obtenu « 100% IA », puis multipliĂ© le taux d'erreur annoncĂ© par Pangram (un sur 24 000) par lui-mĂȘme vingt fois. D'oĂč les « 85 zĂ©ros aprĂšs la virgule » qui ont tournĂ© toute la journĂ©e.
MathĂ©matiquement, sur 20 extraits d'un mĂȘme livre, multiplier le taux vingt fois n'a pas de sens. Pourquoi pas 200 fois ?! ;)
Aussi, ce taux d'erreur est mesuré sur 1 M de pages web en anglais, pas sur un roman français.
Quelqu'un a fait le test : 20 textes d'Orélien écrits entre 2010 et 2017, donc avant l'IA. Six ressortent comme déjà partiellement écrits par une machine. Et plus récemment cela augmente encore, ce qui peut troubler. Il nie : « J'ai toujours aimé la création et l'écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine. » On ne le saura sans doute jamais.
AI SLOP OU NOUVEL OUTIL DE L'ARTISTE ?
Le slop, c'est le contenu sans fond, ni saveur, typique de l'IA. Ici certains reconnaissent des gimmicks, comme ces phrases en miroir qui retombent toujours pareil : « Un cireur dominicain, c'est un pauvre temporaire. Un cireur haïtien, c'est une erreur du systÚme. »
Toutefois, le fond est tiré de son expérience personnelle, d'Haïti quitté aprÚs le séisme, douze pays traversés et des mois d'entretiens avec des exilés.
Est-ce acceptable que l'IA puisse ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une sorte de porte-plume ou d'apprenti ? L'auteur doit-il tout produire lui-mĂȘme ?
Dumas a fait appel Ă Auguste Maquet pour une partie des Trois Mousquetaires. Pourtant, mĂȘme attaquĂ© en justice, il n'a jamais eu besoin de le nommer sur la couverture. Nous dĂ©butons un dĂ©bat sur la crĂ©ation qui n'est pas prĂšs de s'arrĂȘter.
NB : post 100% Human selon Pangram ;)