🔴 SCAF : AIRBUS REFUSAIT LE LEADERSHIP DE DASSAULT. IL RÉCLAME MAINTENANT LE SIEN.
Pendant des années, Airbus a contesté les prérogatives de Dassault dans le SCAF. Le constructeur français demandait à diriger effectivement la conception du futur chasseur. Il avait pour lui une expérience difficilement contestable : le Mirage 2000, le Rafale, des décennies de maîtrise d'œuvre d'avions de combat complets.
Airbus, lui, a participé à l'Eurofighter, programme développé à plusieurs. Une compétence industrielle réelle, mais une expérience différente de celle d'un avionneur capable de concevoir et d'intégrer un chasseur sous sa propre maîtrise d'œuvre.
Le SCAF est mort le 8 juin.
Ce 18 octobre, Michael Schöllhorn, patron d'Airbus Defence and Space, expose au Handelsblatt ce qu'il attend des futurs partenaires de l'Allemagne. Son ambition : « jouer un rôle déterminant dans la conception du projet ». Pas question de se contenter, dit-il, de « faire en quelque sorte la dérive ou une aile ». Selon le journal, Airbus vise le fuselage central, les commandes de vol, l'avionique, le cockpit, les capteurs, la furtivité, la connectivité, le moteur.
Et sa justification tient en deux phrases : « L'Allemagne apportera certainement beaucoup d'argent dans un tel projet. Cela implique aussi de réclamer pour son industrie une part correspondante. »
En clair : je paie, donc je commande.
Dassault fondait sa demande sur un savoir-faire : concevoir un avion de combat complet et en assumer la responsabilité.
Airbus fonde la sienne sur un chéquier.
Schöllhorn ajoute que deux ou trois systémiers nationaux avancent plus vite que cinq ou six, et qu'Airbus a « toujours bien travaillé avec Saab ». Relisez ces phrases en remplaçant Airbus par Dassault : c'est l'argumentaire que Dassault a défendu pendant neuf ans.
Saab sait concevoir un chasseur avec le Gripen. Les Britanniques aussi, depuis des décennies. Airbus n'a jamais développé seul un chasseur moderne complet. C'est pourtant lui qui arrive devant ces industriels en exigeant une influence déterminante sur leur futur appareil.
Le GCAP, d'ailleurs, n'attend personne. Londres, Rome et Tokyo ont déjà réparti les tâches, le PDG de Leonardo reconnaît qu'une arrivée allemande perturberait ce partage, et Tokyo redoute les retards.
Pourquoi l'expérience de Dassault ne suffisait-elle pas à justifier son leadership dans le SCAF, alors que l'investissement allemand devrait suffire à justifier les ambitions d'Airbus dans son successeur ?
Bon courage aux futurs partenaires d'Airbus Defence. La règle est désormais connue : celui qui paie dirige, les autres s'alignent.
Pendant ce temps, Dassault avance seul : Rafale F5, drone furtif, démonstrateur vers 2031-2032.
Sources :
- dts via
new-facts.eu – citations Schöllhorn
- dts via
city-news.de – Saab et systémiers