Billet d’humeur de Pierre Nerval
LA FRANCE À FEU ET À SANG : JUSQU’OÙ FAUDRA-T-IL DESCENDRE ?
Il fut un temps où l’État inspirait le respect. Aujourd’hui, on se demande parfois s’il inspire encore autre chose que le mépris des casseurs !
Je regarde les images de ces violences urbaines, de ces commerces pillés, de ces bâtiments incendiés, de ces policiers pris pour cibles, et j'éprouve un sentiment qui dépasse la colère : une immense tristesse.
J’ai mal à ma France !
Cette France que j'ai connue, celle où l'autorité n'était pas une grossièreté, où le travail avait une valeur, où la propriété d'autrui se respectait et où l'on n'avait pas besoin de demander pardon pour aimer son pays.
Depuis des années, nos gouvernants semblent avoir confondu tolérance et faiblesse, compréhension et capitulation, justice et indulgence systématique.
Et maintenant, devant les violences, que nous propose-t-on ?
Des déclarations solennelles ! Des cellules de crise ! Des condamnations « avec la plus grande fermeté » !
Formidable ! Les casseurs doivent trembler devant tant d'adverbes !
...
À Limoges, après les violences visant l'hôtel de ville, des responsables politiques dénoncent des actes qui n'ont plus rien d'une manifestation démocratique.
Et ils ont raison sur un point essentiel : incendier une mairie, ce n'est pas manifester. C'est attaquer un symbole de la République !
Je pense au général de Gaulle.
Certes, il ne faut pas réécrire l'histoire : il a lui-même accompagné les débuts de la construction européenne. Mais quelle différence entre son Europe des nations souveraines et cette impression permanente d'une France qui n'ose plus décider de son destin !
De Gaulle avait une certaine idée de la France.
Nos dirigeants semblent parfois n'en avoir qu'une idée comptable, électorale et médiatique.
Quant à notre justice, elle doit évidemment garantir les droits de chacun. Mais elle doit aussi faire respecter ceux des victimes !
À quoi sert une loi si celui qui la respecte finit par avoir davantage peur que celui qui la transgresse ?
Et quelle étrange époque !
Vous dénoncez des pillages ? On vous soupçonne d'être réactionnaire.
Vous réclamez la sécurité ? Vous voilà classé à l'extrême droite.
Vous défendez votre famille, votre maison, votre commerce ? Attention, vous pourriez manquer de tolérance !
Le mot « fasciste » est devenu, chez certains, un substitut commode à l'argumentation.
...
Mais les Français ne réclament pas le droit de se faire justice eux-mêmes. Ils réclament simplement le droit de vivre en sécurité et d'être effectivement protégés par leur État.
Quant aux violences observées dans plusieurs villes, qu'on en recherche les auteurs, les organisateurs et les éventuelles complicités, sans complaisance et sans accusations gratuites.
Les responsabilités se prouvent. Elles ne se décrètent pas selon les préférences électorales.
Car la République n'appartient ni à LFI, ni à ses adversaires, ni aux professionnels de l'indignation.
Elle appartient aux Français !
Et j'en ai assez que ceux qui travaillent, cotisent, élèvent leurs enfants et respectent les lois aient parfois le sentiment de devoir s'excuser d'exiger l'ordre.
Assez des discours qui expliquent tout et ne règlent rien !
Assez des responsables qui promettent l'autorité devant les caméras et paraissent l'oublier dès qu'elles s'éteignent !
Je veux une France qui retrouve sa souveraineté, son école, sa culture, son patrimoine, ses libertés et le respect de ses lois.
Une France où les églises demeurent des témoins respectés de notre histoire, où chacun peut croire ou ne pas croire, et où l'appartenance nationale nous rassemble au lieu de nous diviser.
...
Le point de non-retour n'est pas une fatalité. Mais il le deviendra si nous continuons à confondre gouverner avec commenter le désastre !
La France n'a pas besoin d'un énième discours sur le vivre-ensemble.
Elle a besoin qu'on lui permette enfin de vivre en paix !
Pierre Nerval