Absence de vérité judiciaire ne veut pas dire absence de vérité historique.
Un historien ou un journaliste intĂšgre, non idĂ©ologisĂ©, dĂ©nuĂ© de parti pris ou qui ne rĂ©flĂ©chit pas avec sa queue admettra sans grande difficultĂ© que Paul Kagame commandita (peut ĂȘtre avec l'aval des USA) lâassassinat du prĂ©sident Habyarimana.
Câest un secret de polichinelle pour quiconque sait rĂ©flĂ©chir de maniĂšre critique.
Sous Nicolas Sarkozy, la France a inaugurĂ© une nouvelle forme de raison dâĂtat, contournant le droit non pas dans lâintĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la nation â ce qui est dĂ©fendable â mais par pure soumission aux intĂ©rĂȘts anglo-saxons et contre l'honneur de la France.
LâexĂ©cutif nâa pas hĂ©sitĂ© Ă conseiller Paul Kagame, considĂ©rĂ© par beaucoup comme lâun des plus grands criminels de masse des quatre derniĂšres dĂ©cennies, afin de lui permettre dâĂ©chapper Ă la justice.
Un cùble diplomatique daté du 15 mai 2009, publié par WikiLeaks détaille les efforts français pour « promouvoir la paix » entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC).
Source :
wikileaks.org/plusd/cables/0âŠ
Dans le cadre de lâenquĂȘte sur lâassassinat dâHabyarimana, les services amĂ©ricains rapportent la stratĂ©gie française :
« Concernant les relations France-Rwanda, Bernard Serman a dĂ©clarĂ© que les deux parties nâĂ©taient pas pressĂ©es de normaliser leurs relations et pouvaient maintenir des Ă©changes productifs malgrĂ© la rupture diplomatique de novembre 2006, provoquĂ©e par le rapport BruguiĂšre, les mandats dâarrĂȘt quâil a Ă©mis et le rapport rwandais en reprĂ©sailles, qui Ă©voquait des mandats contre des responsables français.
Serman a indiqué que Sarkozy, dÚs son arrivée au pouvoir, était déterminé à « résoudre » les problÚmes judiciaires découlant du rapport BruguiÚre.
Il a suggĂ©rĂ© que lâaffaire Rose Kabuye constituait un cas test, permettant aux Rwandais dâaccĂ©der pleinement aux dossiers français concernant Kabuye.
Les deux parties savaient que ce dossier Ă©tait le plus faible du rapport BruguiĂšre et quâun Ă©chec Ă le mener Ă bien pourrait compromettre les autres mandats. »
En dâautres termes, Sarkozy a chargĂ© son cabinet de saboter lâenquĂȘte en conseillant le Rwanda.
Source :
wikileaks.org/plusd/cables/0âŠ
Charlotte Montel, diplomate proche de Sarkozy, a exĂ©cutĂ© cette mission en octobre 2009, comme lâatteste un autre cĂąble.
Ce document montre quâelle informait le Rwanda des avancĂ©es de l'enquĂȘte.
Elle a ainsi rapportĂ© que, le 25 septembre 2009, le juge dâinstruction avait indiquĂ© Ă Rose Kabuye quâil avait terminĂ© son interrogatoire et quâelle Ă©tait libre de partir, sous rĂ©serve dâun Ă©ventuel rappel pour un tĂ©moignage supplĂ©mentaire.
Montel a prĂ©cisĂ© que Kabuye avait acceptĂ© de coopĂ©rer avec lâenquĂȘte et expliquĂ© que les mandats Ă©mis par le juge BruguiĂšre Ă©taient en rĂ©alitĂ© des convocations pour des dĂ©positions dĂ©taillĂ©es, et non des mises en accusation.
Le cĂąble indiquĂ© que le Rwanda avait rĂ©agi vivement Ă ces mandats, alors que le juge aurait pu, sâil lâavait souhaitĂ©, se rendre au Rwanda pour interroger les neuf suspects au lieu dâĂ©mettre des mandats dâarrĂȘt internationaux."
La suite est connue. đđđ
Par incompĂ©tence ou pour dâautres raisons, le juge Marc TrĂ©vidic a transmis le nom dâun tĂ©moin clĂ©, Emile Gafarita, Ă LĂ©on Forster, lâavocat de Rose Kabuye.
Ce dernier lâa relayĂ© Ă son client, sachant pertinemment que lâinformation serait transmise Ă Kigali.
Ainsi, avec la complicité implicite des autorités françaises, Trévidic a de fait condamné ce témoin à une mort certaine.
Emile Gafarita, personnage clĂ© et gĂȘnant, fut enlevĂ© Ă Nairobi par les services rwandais et Ă©liminĂ©, comme de nombreux autres tĂ©moins dans cette affaire.
Source :
wikileaks.org/plusd/cables/0âŠ
Pourquoi l'Ătat français a t-il dĂ©shonorĂ©e la France ?
RĂ©ponse au 1/2 đ