#RDC: Message de Palmer Kabeya au président Kabila |
Je tiens à exprimer mon soutien à l’ancien Président Joseph Kabila face aux sanctions qui viennent d’être prononcées contre lui. Au-delà de la personne, ces sanctions interrogent profondément sur l’état de notre démocratie et sur les dérives d’un pouvoir qui semble désormais chercher à l’étranger la légitimité qu’il peine à obtenir auprès de son propre peuple.
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement un simple différend politique. Nous assistons à une instrumentalisation des mécanismes diplomatiques internationaux dans le but d’affaiblir des voix critiques et dissidentes. Beaucoup de Congolais s’interrogent : qu’a donc hypothéqué le régime actuel pour obtenir de telles sanctions ? Quels intérêts ont encore été concédés, négociés ou bradés auprès de l’administration américaine pour satisfaire une logique de conservation du pouvoir ?
Depuis plusieurs années, le pouvoir de Félix Tshisekedi semble prêt à tout sacrifier pour s’éterniser au sommet de l’État : accords miniers opaques, concessions économiques contestées, dépendance diplomatique croissante, et même l’acceptation d’arrangements humiliants consistant à accueillir sur le sol congolais des migrants refoulés des États-Unis, simplement pour plaire à l’administration de Donald Trump et préserver des appuis politiques extérieurs. Après avoir bradé les ressources du pays, voilà que certains semblent désormais prêts à compromettre jusqu’à la dignité et la souveraineté nationales pour conserver le pouvoir.
Beaucoup y voient des sanctions motivées davantage par des considérations politiques et géostratégiques que par une véritable quête de justice ou de paix. À coups de billets verts et de calculs diplomatiques, on tente de fabriquer des ennemis politiques là où il faudrait construire un dialogue national.
La paix dans l’Est du pays ne se construira ni à Washington ni dans les bureaux de l’OFAC. Les populations de Goma, Bukavu, Minova et de tant d’autres localités attendent des actes concrets : la sécurité, le retour des déplacés, la fin des massacres et un dialogue national sincère. Elles n’attendent pas des communiqués diplomatiques dictés par des intérêts extérieurs.
Les sanctions ne reconstruisent pas les villages détruits. Elles ne soignent pas les blessés. Elles ne restaurent pas l’autorité de l’État. Et elles ne remplaceront jamais le dialogue entre Congolais, pourtant réclamé depuis des mois par les Églises catholique et protestante.
Je refuse que ceux qui appellent à la justice, à la réconciliation nationale et à une gouvernance plus responsable soient systématiquement présentés comme des ennemis à abattre. Une démocratie ne se renforce pas en faisant taire les opposants, mais en acceptant le débat contradictoire et la pluralité des opinions.
À travers cette épreuve, j’adresse à l’ancien Président Joseph Kabila mon soutien et ma solidarité. L’histoire jugera chacun sur ses actes, mais elle retiendra aussi que certains ont préféré recourir aux pressions extérieures et aux sanctions symboliques plutôt qu’à la recherche courageuse d’un consensus national.
Le Congo mérite mieux que des calculs politiques dictés par des intérêts étrangers. Il mérite une paix durable, une souveraineté réelle et des dirigeants capables de placer l’intérêt du peuple au-dessus des ambitions personnelles.
Photo prise par Steve WEMBI au Kenya .