Lettre ouverte Ă mes amis dâIsraĂ«l
Jâai la rage, elle monte, je pleure, pas un peu, vraiment.
Jâai mal. Un mal profond, lourd, presque physique, comme si quelque chose sâĂ©tait brisĂ© en moi en entendant ces mots.
Ă la tribune de lâONU, le locataire de lâĂlysĂ©e a dĂ©clarĂ© que le Hamas « nâa jamais sĂ©vi en Cisjordanie ».
Jâai entendu, jâai relu, jâai voulu croire Ă une maladresse et ce nâen Ă©tait pas une. Câest une abjection, une phrase qui efface des morts, qui protĂšge un mensonge, et qui le fait au nom de la France.
Mon pĂšre ne mâa pas Ă©levĂ© pour baisser les yeux. Il mâa dit, encore et encore : dĂ©nonce les abjections.
Papa, je le fais aujourdâhui pour toi, mais pas seulement pour toi, pour ma fille, pour quâelle sache un jour que son pĂšre nâa pas Ă©tĂ© lĂąche.
Pour moi, pour ce que je ressens et que je refuse dâĂ©touffer par peur du quâen-dira-t-on.
Ce monsieur ne parle pas en mon nom, ni au nom de nombreux Français qui ont encore une mĂ©moire, une conscience, et le courage de distinguer un peuple qui se dĂ©fend dâune organisation terroriste qui assassine.
Le Hamas a sévi en Cisjordanie. Il y a eu des cellules, des réseaux, des attentats, des enlÚvements et des meurtres.
Il y a quelques jours encore, un terroriste du Hamas a assassinĂ© Netanel Shukrun, pĂšre de six enfants, citoyen français, alors quâil se trouvait avec ses fils prĂšs dâune source, Ă la veille de Yom Kippour. Avant son dernier souffle, il a dit Ă son fils de courir. VoilĂ la vĂ©ritĂ©.
La nier depuis la plus haute tribune du monde, câest cracher sur une famille, sur un pays, sur le sang.
Rien nâautorise ce mensonge Ă©hontĂ©.
Rien nâautorise Ă transformer IsraĂ«l en accusĂ© permanent et le Hamas en dĂ©tail gĂȘnant dĂšs quâil sort de Gaza.
Je dĂ©fendrai IsraĂ«l coĂ»te que coĂ»te et beaucoup dâautres aussi.
Pas demain, pas si câest confortable, pas si lâon mâapplaudit. Maintenant et sans concessions.
Son droit Ă vivre, son droit Ă se dĂ©fendre, son droit Ă ne pas disparaĂźtre sous les formules commodes de ceux qui nâont jamais eu Ă enterrer leurs enfants aprĂšs un pogrom.
Ce nâest pas de la haine câest de la fidĂ©litĂ©. FidĂ©litĂ© aux morts, fidĂ©litĂ© Ă la vĂ©ritĂ©, fidĂ©litĂ© Ă ce que mon pĂšre mâa transmis et Ă ce que je veux transmettre Ă ma fille.
Je sais ce qui vient. Je sais ce qui mâattend un torrent de boue, de haine, et dâinsultes.
Allez-y. Crachez votre haine, je suis solide. Je ne bougerai pas.
Ma voix tremble, oui, mes larmes coulent, oui. Mais je ne recule pas, jâaffronte, cela fait parti de mon ADN.
Je nâai pas de palais, pas de communiquĂ©, pas de filet diplomatique.
Jâai une Ă©ducation, jâai une fille, jâai la mĂ©moire de mon pĂšre et surtout IsraĂ«l qui est la derniĂšre barriĂšre de la barbarie islamiste.
Jâai la nausĂ©e devant le locataire de lâĂlysĂ©e qui, au nom de mon pays, nie ce que des familles ont payĂ© de leur chair.
Amis dâIsraĂ«l, vous nâĂȘtes pas seuls.
Nous sommes nombreux, plus nombreux quâon ne le croit, Ă refuser que cette phrase soit la nĂŽtre.
Ce monsieur ne parle pas en notre nom.
Moi, je parlerai.Nous parlerons.
Je mâexcuse auprĂšs de vous, du fond de cette douleur qui ne passe pas.
Et je reste debout.
Guillaume Herblotâ€ïž